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Les Suisses appelés aux urnes pour se prononcer sur un plafond démographique limitant la population à 10 millions d'habitants

Les citoyens suisses se prononcent dimanche sur une initiative populaire visant à empêcher la population du pays de dépasser 10 millions d’individus. En cas de oui, les relations de la Suisse avec l’Union européenne pourraient se compliquer.


Publié le 14/06/2026 12:20



Mis à jour le 14/06/2026 14:13

Temps de lecture : 2min

Des affiches de campagne pour et contre un référendum national sur une initiative anti-immigration, à Genève (Suisse), le 4 juin 2026. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Des affiches de campagne pour et contre un référendum national sur une initiative anti-immigration, à Genève (Suisse), le 4 juin 2026. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Le peuple helvète est appelé aux urnes, dimanche 14 juin, pour voter sur une initiative populaire anti-immigration et un projet gouvernemental visant à resserrer les critères d’accès au service civil. En Suisse, la grande majorité des électeurs votent à l’avance par correspondance. Les bureaux de vote n’ouvrent que quelques heures et les derniers ferment à midi. Les premiers résultats sont donc attendus dans l’après-midi.

Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative vise à limiter l’immigration pour empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d’habitants d’ici à 2050, alors que le pays en compte actuellement 9,5 millions. Les étrangers représentent plus d’un quart de la population en Suisse.

Si le seuil des 10 millions devait être dépassé, la Suisse dénoncerait l’accord de libre circulation avec l’UE dans les deux ans, et d’autres accords bilatéraux portant sur l’asile et la sécurité viendraient également à tomber. Pénurie de logements, hausse des loyers, bétonnage du paysage, bouchons, trains bondés, augmentation de la criminalité, système de santé à bout et baisse de la qualité de l’enseignement sont les principaux arguments brandis par les promoteurs de cette initiative. « La Suisse est un petit pays qui n’est pas extensible » et nous « ne voulons pas accueillir l’Europe entière ni toute la misère du monde », a déclaré à l’AFP Yvan Pahud, député UDC.

Rejetée par le gouvernement et les principaux partis, le Parlement, les syndicats et le patronat, l’initiative doit obtenir la double majorité des votants et des 26 cantons pour être adoptée. Selon le gouvernement, l’initiative « menace la prospérité, le bon fonctionnement de la société, la sûreté intérieure et la tradition humanitaire de la Suisse ». « Le 14 juin, la Suisse fera face à son propre Brexit. En cas de oui, nous nous retrouverions isolés », a assuré le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, à La Tribune de Genève.

Les Suisses se prononcent par ailleurs par référendum sur une proposition de loi visant à durcir l’accès au service civil, dans un contexte où la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques incitent de nombreux pays à renforcer leurs armées. La gauche, à l’origine du référendum, juge cette réforme « dangereuse » et estime qu’elle pourrait à terme conduire à la disparition de cette alternative au service militaire dans le riche pays alpin.

Selon un dernier sondage réalisé par gfs.bern et publié la semaine dernière, les deux camps sont au coude-à-coude : 48% des personnes interrogées se disent favorables à un durcissement des conditions d’accès au service civil, contre 46% qui y sont opposées. La Suisse impose un service militaire obligatoire aux hommes dans le cadre d’un système de milice, où les conscrits, encadrés par quelques milliers de militaires professionnels, suivent une formation initiale durant généralement 18 semaines puis des périodes d’entraînement régulières pendant neuf ans.

Depuis 1996, les objecteurs de conscience peuvent effectuer un service civil. Depuis la suppression en 2009 de la commission chargée de vérifier la réalité de leur « conflit de conscience », leur nombre a fortement augmenté, ce que le gouvernement juge problématique.


Source:

www.franceinfo.fr

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