Elle est injustement oubliée en France. Sans doute parce que, reconnue en Italie comme la première réalisatrice à s’être imposée grâce à de considérables succès publics, bien plus qu’une Liliana Cavani, et considérée comme une cinéaste majeure aux Etats-Unis, non seulement parce qu’elle a été la toute première femme de l’Histoire à être nommée pour un Oscar de la meilleure réalisation, mais pour son appréhension dialectique des luttes sociales et des conflits de genre, Lina Wertmüller a longtemps été mal vue chez nous, dans tous les sens du mots.
Rétrospective Lina Wertmüller à la Cinémathèque française
Là où on les pardonnait aisément, voire les louait chez ses homologues masculins de la comédie à l’italienne ou son maître Federico Fellini, on lui a toujours reproché ses excès baroques, son supposé kitsch et son goût (décrié comme mauvais goût) du grotesque. Sa rétrospective intégrale à la Cinémathèque françaiseOuverture dans un nouvel onglet, une première, après le bref hommage rendu au Festival de La Rochelle en 2012, est enfin l’occasion de réinterroger son cinéma, et notamment sa période faste, celle qui de 1966 à 1978 lui a fait enchaîner neuf films avec sa muse, le génial Gianluca Giannini. Pour nous guider dans les beautés monstrueuses de la cinéaste aux lunettes blanches et à l’humour noir, deux fins connaisseurs de son œuvre, tous deux historiens, critiques et écrivains de cinéma : Gabriella Trujillo, programmatrice de cette rétrospective, et Steve Della Casa, un des piliers de ce cousin transalpin de Plan Large qu’est l’excellente émission de cinéma Hollywood PartyOuverture dans un nouvel onglet, sur Radio 3.
ouvrir crédits photoA noter : La rétrospective Lina Wertmüller à la Cinémathèque française, c’est jusqu’au 28 juin. Gabriela Trujillo y présentera aujourd’hui, à 18h et 20h15. Les Basilischi et Pasqualino. Et pour en savoir plus encore sur la cinéaste que ce que vous avez entendu aujourd’hui, « Qui êtes-vous… Lina Wertmüller ? »Ouverture dans un nouvel onglet, c’est le nom de la conférence que la critique de cinéma donnera jeudi prochain 18 juin à 19h, avant la projection de Chacun à son poste et rien ne va.

Le journal du cinéma
Les annonces de Plan Large
De l’autre côté de la Seine, dans les salles du MK2 Bibliothèque dévolues au Centre Pompidou, c’est une autre grande cinéaste qui est à l’honneur de la Cinémathèque du Documentaire de la BpiOuverture dans un nouvel onglet, la réalisatrice américaine installée de longue date en France Vivian Ostrovsky, autrice de précieux films moins expérimentaux que nomades (et aussi de pièces radiophoniques pour France Culture). C’est du 17 au 30 juin.
La chronique de N.T.Binh : Zoulou, de Cy Endfield
On est en 1879, en Afrique du Sud, dans la Province du Natal. A la cour du roi Cetshwayo kaMpande, on célèbre la victoire zouloue sur les troupes anglaises à la bataille d’Isandlwana par un mariage collectif entre de valeureux guerriers et de jeunes vierges, ce qui n’est pas sans interloquer la fille d’un pasteur suédois qui y assiste avec son père. On est aussi en 1964 dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid, où un réalisateur américain, Cy Endfield, qui a fui Hollywood quand la chasse aux sorcières maccarthyste l’a accusé d’être communiste, s’associe à un acteur gallois, soutien du Parti travailliste britannique, Stanley Baker, pour filmer l’héroïque résistance d’une centaine de soldats en tuniques rouges de sa Majesté la Reine d’Angleterre face à 4 000 guerriers zoulous. Le tout donne Zoulou, un film aussi impressionnant – ce sera pour ses scènes de bataille une des grandes références de Peter Jackson sur Le Seigneur des Anneaux – que surprenant, dans la mesure où il prend à rebours aussi bien les valeurs dites masculines des militaires, que les stéréotypes sur l’Afrique véhiculées par le cinéma de l’époque…
ouvrir crédits photoExtraits sonores
Extrait des Basilischi, de Lina Wertmüller (1963)Extrait de Rita la Zanzara, de Lina Wertmüller (1966)Extrait de Mimi métallo blessé dans son honneur, de Lina Wertmüller (1972)Extrait de Film d’amour et d’anarchie, de Lina Wertmüller (1973)Extrait de Vers les flots bleus, de Lina Wertmüller (1974)Extrait Pasqualino, de Lina Wertmüller (1975)Canzone arrabbiata par Anna Melato (Dans la BO de Film d’amour et d’anarchie, musique de Nino Rota)Extraits de Zoulou de Cy Endfield (1964)
Source:
www.radiofrance.fr


