Le Fonds Enki Bilal accueille désormais le public au 22 rue Charlot, dans le 3e arrondissement de Paris. L’adresse, anciennement occupée par la galerie Denise René, prend place au cœur du Marais, dans un bâtiment réaménagé pour l’exposition et la médiation. Le projet, imaginé par Jean-Baptiste Barbier, galeriste et éditeur lié depuis plus de vingt ans à l’artiste, occupe 260 m² dédiés aux arts graphiques, à la bande dessinée, au cinéma et à l’art contemporain.
L’ouverture s’appuie sur une première exposition consacrée à Enki Bilal. Présenté jusqu’au 1er novembre 2026, le parcours rassemble plus de 200 pièces : planches originales, dessins, peintures, croquis, calques, documents liés au cinéma et œuvres plastiques. L’ensemble traverse plus d’un demi-siècle de travail, depuis les premières publications des années 1970 jusqu’à la série Bug, dont le quatrième tome est paru en 2025.
La programmation ne se limite pas à cette rétrospective inaugurale. Le Fonds annonce deux grands rendez-vous par an, complétés par des rencontres, projections, conférences, événements et une librairie-boutique. Sa ligne éditoriale place Bilal au centre, tout en ouvrant le lieu à d’autres artistes et à des formes transdisciplinaires. L’enjeu rejoint le parcours même de l’auteur : une œuvre née dans la bande dessinée, puis étendue vers la peinture, le cinéma, l’opéra, l’affiche et l’installation.
Né Enes Bilal à Belgrade en 1951, l’artiste s’installe en France durant l’enfance. Il entre dans le magazine Pilote en 1972, où sa rencontre avec Pierre Christin ouvre une série de récits de politique-fiction, parmi lesquels Les Phalanges de l’ordre noir et Partie de chasse. Dans les années 1980, il affirme une écriture personnelle avec La Trilogie Nikopol, publiée entre 1980 et 1992, devenue l’un des repères de la bande dessinée européenne d’anticipation.
Le parcours parisien restitue cette circulation entre supports et motifs. Bilal réalise Bunker Palace Hotel, Tykho Moon et Immortel, ad vitam, conçoit affiches, couvertures, décors et costumes, puis développe une production picturale autonome. Les cycles Le Sommeil du monstre, Coup de sang et Bug prolongent plusieurs thèmes récurrents : mémoire, exil, pouvoir, manipulation des corps, dérèglement politique, environnement et rapport entre l’humain et la machine.
L’ouverture du lieu s’accompagne du catalogue Le Fond de la forme, publié par Barbier Éditions. L’ouvrage, signé Enki Bilal et Clémentine Hustin, compte 224 pages et paraît en édition bilingue français-anglais. Conçu pour accompagner l’exposition, il réunit les grandes étapes d’un travail construit entre album, peinture, cinéma et œuvres plastiques.
Le Fonds Enki Bilal est accessible du mercredi au dimanche, de 11 h à 19 h, avec fermeture les lundis et mardis. Le plein tarif est fixé à 10 €, le tarif réduit à 5 €. L’exposition inaugurale reste annoncée jusqu’au 1er novembre 2026, au 22 rue Charlot, 75003 Paris.
Source:
actualitte.com


