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Belfast: malgré les appels à la haine raciale relayés sur X, la plateforme d'Elon Musk ne sera pas sanctionnée

Alors que des émeutes racistes enflamment Belfast, la capitale d’Irlande du Nord, depuis deux
nuits, perpétrées par des bandes d’extrême droite ayant répondu à des appels à
la violence très largement relayés sur X, le réseau social d’Elon Musk ne devrait pas être inquiété par le gouvernement britannique. Ce
dernier laissera à l’Ofcom, l’autorité de régulation des télécommunications, le
soin d’adresser un éventuel avertissement officiel à la plateforme. Si un
premier rapport trimestriel est attendu sur la conformité de la plateforme, il
ne sera pas publié avant au moins deux mois.

D’ici-là, aucune mesure ne sera mise en œuvre afin de
supprimer les multiples publications incitant à la violence et à la haine
raciale qui ont essaimé sur X, notamment relayées par son propriétaire,
précipitant les violences anti-immigrés dans un quartier de l’est de la
capitale nord-irlandaise.

L’allumette X et le simple avertissement

Les nuits des mardi 9 et mercredi 10 juin, des dizaines d’hommes
masqués ont pris pour cibles des habitants de Belfast issus de minorités ethniques,
incendiant véhicules et maisons, vandalisant des commerces et laissant sur
leur passage des graffitis à caractère islamophobe. Ces émeutes xénophobes font
suite à une attaque au couteau perpétrée le lundi 8 juin par Hadi Alodid,
un réfugié soudanais âgé de 30 ans, aujourd’hui inculpé pour tentative de
meurtre sur Stephen Ogilvie.

La famille de ce dernier, qui a perdu son œil gauche lors de
l’agression, a lancé un appel au calme, déclarant être «profondément
bouleversée» par ce qui lui était arrivé, mais rejeter toute instrumentalisation
qui viserait à «diviser la population ou attiser les tensions».

Après l’attaque au couteau et peu avant les émeutes, des
militants d’extrême droite avaient lancé sur X des appels à manifester, pendant
qu’Elon Musk republiait des commentaires qu’il avait formulés l’année dernière
affirmant que la violence était inévitable et que les gens devaient «se
défendre ou mourir». L’entrepreneur s’est défendu depuis
de toute responsabilité et a partagé sur X une publication de l’homme politique
britannique d’extrême droite Matthew Goodwin affirmant que ce ne sont pas les
réseaux sociaux, mais la «politique délibérée d’immigration massive et
incontrôlée et d’ouverture des frontières» qui attise les tensions.

La ministre de la Justice d’Irlande du Nord, Naomi Long, a quant
à elle condamné les violences, dont elle a imputé la responsabilité à des commentateurs en ligne
prompts à exciter les haines: «Ce qui me désole et me trouble, c’est que
certaines personnes, qui avant-hier auraient eu du mal à situer Belfast sur une
carte, sont en ligne, partagent des messages incitant à la haine et
encourageant les gens à agir, et exploitent la peur légitime que les gens éprouvent
face à ce qui s’est passé pour tenter d’en faire une sorte de problème anti-immigration
ou de protestation raciste».

Liz Kendall, secrétaire d’État à la Science et à la
Technologie, a déclaré que des modifications apportées à la loi sur la sécurité
en ligne seraient présentées dès la semaine prochaine. Ces amendements obligeront
les entreprises de réseaux sociaux à «agir plus rapidement pour supprimer
les contenus illégaux circulant en période de crise», mais devront être
soumis au Parlement quarante jours avant leur entrée en vigueur.

Alors que ce mercredi 10 juin, l’Ofcom publiait une lettre
ouverte à X et aux autres fournisseurs de contenu en ligne, leur rappelant
leurs obligations légales de ne pas tolérer l’incitation à la haine, Ed Davey,
chef des Libéraux-démocrates, considère que «le système est manifestement
inadapté. Il engendre des retards successifs, permettant aux plateformes de
manquer à leurs obligations pendant des années avant que l’Ofcom ne réagisse.»


Source:

www.slate.fr

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