L’annulation de la représentation de la pièce d’Alexis Michalik, prévue en février, est érigée en symbole à la fois par l’extrême droite qui veut se montrer ferme, et par la gauche pour qui c’est un aperçu de la politique que pourrait mener le Rassemblement national.
Publié le 10/06/2026 19:41
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La décision de la mairie de Castres, fait beaucoup réagir le monde politique. Florian Azéma, le nouveau maire Rassemblement national de la ville, déprogramme la pièce de théâtre Passeport, d’Alexis Michalik. Elle raconte l’histoire d’un jeune migrant laissé pour mort dans la jungle de Calais, et a déjà rencontré un bon succès. Elle devait être jouée à Castres en février prochain.
Pour justifier sa décision, Florian Azéma a simplement indiqué mardi, à ICI Occitanie, qu’avec le « changement de majorité », son équipe avait la « totale liberté de revenir sur cette programmation », qu’aucun contrat n’avait été signé avec Alexis Michalik et que « le rôle et les prérogatives des élus étaient de faire de la programmation culturelle ». Par ailleurs, si la pièce « c’est la promotion des clandestins et (…) un traitement assez particulier des forces de l’ordre, évidemment, cela ne correspond pas à ce que j’avais défendu pendant la campagne », ajoute le jeune maire de Castres à l’AFP.
Du coté de la direction du parti, silence radio. Mais l’initiative est saluée par plusieurs cadres du RN. Un « Bravo ! » du conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier, sur X , ou encore un post du député Alexandre Loubet, qui conseille Jordan Bardella et pose une question : « Qui imagine la gauche financer une représentation théâtrale qui promeut les bienfaits du nucléaire ? ».
« On n’est même plus surpris. Mais maintenant chacun est prévenu », écrit le patron du PS Olivier Faure sur les réseaux sociaux. Ian Brossat, sénateur communiste de Paris parle quant à lui de « censure ». « Voilà la véritable ‘cancel culture’ : celle de l’extrême droite quand une œuvre ne correspond pas à sa vision réactionnaire du monde », s’inquiète le parlementaire sur X.
Le maire socialiste de Montpellier, Michael Delafosse, considère pour sa part qu’une « ombre brune se lève progressivement sur notre pays ». « L’extrême droite porte atteinte à la liberté de création. Chacun doit mesurer la gravité de ce type de choix ». Fin de citation.
Depuis les dernières élections municipales, le RN dirige 70 communes. Ces maires ont déjà pris d’autres décisions qui ont fait polémique, et pas seulement dans le domaine de la culture. On ne compte plus le nombre de mairies qui ne dressent plus le drapeau européen sur leurs frontons. Les nouveaux élus ont aussi réduit voire supprimé les subventions à certaines associations.
Dernier exemple en date : à Carpentras, le maire RN Hervé de Lepinau a fait voté en conseil municipal, la semaine dernière, la suppression de la subvention accordée au Planning familial. L’association se consacre depuis des décennies à la défense du droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité. Plusieurs cadres du RN assurent en chœur que la branche locale de cette association ferait de la politique en donnant notamment des consignes de vote, incompatibles avec une subvention municipale. Mais les opinions plus personnelles d’Hervé de Lepinau, fervent catholique qui avait comparé en 2020 l’avortement à un « génocide », peuvent aussi expliquer cette décision.
En privé, et sans remettre en cause la décision du maire de Carpentras, un haut cadre du RN s’inquiète tout de même : « Attention, on entre dans une période qui va compter pour la présidentielle. Nos maires ont intérêt à faire preuve de discernement. »
Source:
www.franceinfo.fr


