Les expéditions tragiques ont toujours constitué un terrain fertile pour les théories du complot: l’imagination comble les blancs et l’imaginaire collectif s’emballe. C’est ce qui est arrivé avec le drame du col Dyatlov. En février 1959, en plein hiver, dix étudiants de l’Institut polytechnique d’Iekaterinbourg, en URSS, entreprennent une expédition dans les montagnes de l’Oural. Un seul d’entre eux survivra, ayant fait demi-tour plus tôt.
L’expédition étant prévue pour durer environ trois semaines, les proches des marcheurs ne s’alarment pas, d’autant que les retards dus aux conditions météorologiques étaient fréquents. Mais à partir du 20 février, l’inquiétude grandit et une équipe de secours est envoyée pour tenter de retrouver les randonneurs disparus, raconte Popular Mechanics.
Les secouristes découvrent rapidement leur tente, à moitié ensevelie sous la neige. Elle est éventrée de l’intérieur, comme si ses occupants avaient fui dans la panique. L’affaire, déjà inquiétante, prend un tour morbide au fil des semaines suivantes: les corps des étudiants sont retrouvés dispersés dans la montagne, certains à moitié dénudés, d’autres sans chaussures.
Certains détails sont particulièrement troublants: deux corps sont retrouvés sans yeux, un autre sans langue. Des éléments macabres qui alimentent immédiatement les spéculations les plus folles. Les autorités soviétiques, quant à elles, s’empressent d’accuser les Mansi, un peuple autochtone de la région, sans aucune preuve.
Yéti ou extraterrestres?
D’autres théories émergent alors: des témoins affirment avoir observé des «boules de feu» dans le ciel à la même période, ce qui nourrit l’hypothèse d’essais militaires secrets en pleine Guerre froide. Seront également accusés tour à tour les extraterrestres, bien sûr, mais aussi une créature inconnue, comparable au yéti, ce qui pourrait expliquer les blessures observées.
Pourtant, les recherches scientifiques récentes proposent une explication bien plus terre-à-terre. Une étude publiée en 2021 avance l’hypothèse d’une avalanche de plaque, déclenchée par une combinaison de facteurs tels que le relief irrégulier, la modification de la pente pour installer la tente et l’accumulation progressive de neige sous l’effet de vents violents. Cette avalanche pourrait avoir provoqué des blessures graves à certains randonneurs, sans être immédiatement mortelle pour tout le groupe.
Face au danger d’un glissement plus important, les randonneurs auraient alors quitté précipitamment leur abri, mal équipés, dans des conditions extrêmes. Les blessures constatées correspondraient à ce type d’événement, tandis que l’absence de certains organes pourrait s’expliquer par l’action d’animaux charognards.
Malgré ces conclusions, le mystère continue de diviser et certains experts soulignent que la pente du site ne correspond pas aux conditions typiques des avalanches de plaque. Néanmoins, faute d’une meilleure explication, cette théorie reste aujourd’hui la plus crédible.
Source:
www.slate.fr


