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Le GPS des pigeons se cache dans leur foie et leur rate

Les pigeons voyageurs sont des champions de l’orientation : on les déplace à des centaines de kilomètres, parfois dans des lieux qu’ils n’ont jamais vus et pourtant ils retrouvent leur chemin sans erreur. Et ils sont loin d’être les seuls. Chaque année, des oiseaux migrateurs parcourent des milliers de kilomètres pour retrouver leur lopin de terre perdu au milieu de l’Océan, mais il n’y a pas que les oiseaux ! Les chauves-souris ont une excellente mémoire spatiale et tout comme les poissons cartilagineux et certains insectes même sont capables de s’orienter sur de très longues distances. Mais contrairement à toutes ces espèces, le pigeon est domestique et c’est pour ça qu’il reste un modèle de choix pour la recherche.

Comment les pigeons retrouvent-ils leur chemin ?

Jusqu’à présent, il y avait plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène. Grégoire Loïs est ornithologue et naturaliste au MNHN de Paris :

SON 1 > Grégoire : “il y avait (…) de champ magnétique.

Récemment la recherche sur le sujet s’est accélérée : en novembre dernier, une étude parue dans ScienceOuverture dans un nouvel onglet a mis le doigt sur les régions cérébrales qui réagissent au champ magnétique. Donc il y a un bien une boussole interne chez les pigeons, mais où se trouve-t-elle ? Dans quel organe ce GPS est-il caché ? C’est à cette question que vient répondre cette nouvelle étude, elle aussi parue dans la revue ScienceOuverture dans un nouvel onglet.

Le point de départ de cette découverte, c’est une pause café il y a 10 ans. C’est comme ça que la science fonctionne, un mélange de chance et de hasard qu’on appelle la sérendipité. Tout démarre dans un colloque, une discussion banale, un immunologue explique à spécialiste du comportement animal qu’il a du mal à travailler avec les cellules du foie, parce que certaines d’entre elles sont magnétiques et elles se collent partout aux instruments.

Leur boussole se loge dans leur foie et leur rate

Petit à petit, les scientifiques ont compris que les macrophages, des cellules immunitaires qui se logent particulièrement dans le foie, mais aussi dans la rate, dégradent les vieux globules rouges et se chargent en fer. Elles sont superparamagnétiques, c’est le terme alloué. Mais la nouvelle étudeOuverture dans un nouvel onglet a dû mener une expérience décisive pour déterminer si, sans elles, les pigeons pouvaient encore s’orienter.

SON 2 > Grégoire : “Et ben en fait, (…) quand le ciel s’est découvert.”

Il y a donc deux résultats : le premier, c’est que la boussole interne se retrouve dans les macrophages chargés en fer, qui sont préférentiellement dans le foie et la rate. Sans eux, et quand il fait gris, les pigeons se perdent. Le deuxième, c’est que ce n’est pas le seul mécanisme qui permet aux pigeons de se repérer et de rentrer chez eux !

Quand ces animaux ont une bonne visibilité, ils se servent sûrement davantage de leur vision, plutôt que leur boussole, qui reste une solution parmi d’autres – avoir plein de façon de faire la même chose est un avantage évolutif considérable, d’ailleurs on a certainement nous humains des cellules sensibles au champ magnétique, c’est simplement qu’on ne les utilisent pas.

Certaines critiques sont tout de même adressées à cet article, il faudrait vérifier que le produit injecté aux oiseaux, le clodronate, n’a pas d’autres effets que la destruction de ces cellules immunitaires magnétiques.

Et puis, l’étude ne résout encore entièrement ce mystère de navigation, comment le signal magnétique est-il transmis au cerveau ? Est-ce l’intensité ou la direction du champ magnétique qui est détectée ? Et surtout, ce mécanisme existe-t-il chez d’autres espèces ?


Source:

www.radiofrance.fr

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