Gagner de l’argent en ramenant vos bouteilles en verre dans les supermarchés, c’était une grande annonce d’Emmanuel Macron il y a un an. Le retour de la consigne a été testé dans quatre régions pour une première expérimentation. Un an après : quel est le bilan ? Cela fonctionne-t-il ? Pas vraiment, si l’on en croit une enquête que nous nous sommes procurée.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Rapporter sa bouteille en verre au supermarché et récolter quelques dizaines de centimes. Le retour de la consigne séduit un retraité à Saint-Avé, dans le Morbihan. Ce supermarché fait partie des 364 à expérimenter le réemploi d’emballage depuis un an. La promesse est inscrite sur des affiches claires : « On a en effet, à chaque fois, les affiches, ce qu’on appelle les stop rayons et les porte-étiquettes », pointe Thomas Godet, responsable RH – Hyper U de Saint-Avé. Des machines de récupération et de nombreuses références à prix raisonnable sont proposées ; 20 centimes plus cher maximum, consigne oblige.
Une promesse pourtant loin d’être tenue partout selon l’association Zero Waste France, qui a enquêté dans 74 magasins. En moyenne selon l’étude, seulement neuf références sont réemployables dans chaque magasin, avec des bouteilles consignées jusqu’à trois fois plus cher. Nous avons voulu vérifier. En caméra discrète, nous suivons deux bénévoles dans une autre enseigne. 1,29 euro, une limonade, pour 2,95 euros la version consignée : le produit consigné coûte deux fois plus cher que le produit non consigné. Second problème : la machine qui récupère les bouteilles est cassée.
Dans une troisième enseigne, là aussi, très peu de références consignées. Plus étonnant, dans un magasin, on ne trouve aucune machine ni produit consigné. Il faisait pourtant partie du dispositif encore récemment. Zero Waste France dénonce un manque d’ambition : « C’est aussi la faute des marques qui ne mettent pas assez en marché des produits consignés, et enfin la faute des distributeurs, puisqu’il n’y a pas les conditions nécessaires pour proposer et récupérer les produits consignés », souligne Marine Bonavita, chargée de plaidoyer Zero Waste France.
Contacté, Citeo, l’organisme qui pilote le projet, n’a pas souhaité réagir à ce rapport. Il a surdressé un bilan complet de l’expérimentation à la fin du mois.
Source:
www.franceinfo.fr


