Après près de dix ans au sein de l’instance dirigeante, Microsoft a annoncé le départ prochain de Reid Hoffman de son conseil d’administration. Le cofondateur de LinkedIn, âgé de 58 ans, ne briguera pas de nouveau mandat lors de l’assemblée générale des actionnaires prévue d’ici la fin de l’année 2026. Il restera en fonction jusqu’à cette échéance.
Le retour en « mode fondateur »
Reid Hoffman dit vouloir se recentrer sur Manas, la startup qu’il a cofondée et qui se consacre à la découverte de médicaments contre le cancer grâce à l’IA. Lors d’un épisode de son podcast « Possible », enregistré en présence de Satya Nadella, PDG de Microsoft, Hoffman a déclaré vouloir revenir au « mode fondateur ». « Nous voyons de tels progrès avec Manas que je me suis dit que je devais y revenir pleinement », a-t-il confié.
La startup entend exploiter ce qu’il appelle l’« intelligence artificielle du M », une approche axée sur la modélisation moléculaire et la chimie computationnelle.
Un parcours intimement lié à l’essor de l’IA chez Microsoft
Reid Hoffman a rejoint le conseil d’administration de Microsoft en 2017, dans la foulée de la vente de LinkedIn à l’entreprise pour 26,2 milliards de dollars en 2016, ce qui constituait à l’époque la plus grande acquisition de l’histoire du groupe. Le réseau social professionnel compte aujourd’hui plus de 1,3 milliard de membres dans le monde.
Son influence sur la stratégie IA de Microsoft a été considérable. Dès 2015, il figurait parmi les principaux mécènes lors de la création d’OpenAI en tant qu’organisation à but non lucratif. Hoffman a également siégé au conseil d’administration d’OpenAI jusqu’en 2023, date à laquelle il a préféré se retirer en raison de conflits d’intérêts potentiels avec ses investissements via le fonds Greylock Partners.
Un départ qui interroge sur la stratégie IA de Microsoft
L’industrie s’interroge sur les conséquences de ce retrait. Hoffman incarnait, au sein de l’instance dirigeante, une double expertise rare : une vision aiguisée des tendances de l’IA et un réseau tentaculaire dans l’écosystème des startups de la Silicon Valley.
Mais il était exposé à des risques de conflits d’intérêts croissants, ses investissements personnels dans plusieurs startups IA se superposant aux activités du groupe.
Son départ allège par ailleurs les tensions juridiques et d’image pesant sur Microsoft. Ces derniers mois, son nom a été associé à l’affaire Jeffrey Epstein, après la publication de documents judiciaires suggérant des interactions plus fréquentes qu’il ne l’avait reconnu. Des investigations du ministère américain de la Justice ont été ouvertes en novembre 2025 à son sujet. Il avait présenté des excuses publiques tout en niant toute complicité dans les agissements d’Epstein.
Source:
www.zdnet.fr


