
Normalien brillant, fils de normalien brillant, la trajectoire de Marc Bloch peut sembler rectiligne : avant de devenir une sorte d’inventeur dans sa discipline, il a écouté et compris ses grands prédécesseurs. Mais il garde aussi les yeux grands ouverts sur ce qui est sans doute pour lui le cœur de l’histoire : le présent, ou la vie.
Cette vie de la jeunesse, au début du XXe siècle, c’est l’affaire Dreyfus, où un document peut accabler, puis innocenter un capitaine juif ; c’est l’émergence de disciplines nouvelles, et notamment de la sociologie ; c’est aussi la Première guerre mondiale, qui amènera ce jeune homme à écrire deux testaments, mais aussi à porter un regard différent sur ces batailles qu’il décrivait comme professeur, et dont il a désormais éprouvé le sens.
« Pour Marc Bloch, mais pour toute cette génération du feu, la guerre est une rupture, c’est un moment fondamental […]. Il y a un avant et un après. Dans le cas de Marc Bloch, c’est le passage à l’âge d’homme. C’était un jeune homme, avant 1914, quand la guerre se termine, il est adulte, il se marie très vite après la guerre, il a des enfants très vite après la guerre. » Manon Pignot
De cette expérience vécue en historien, c’est-à-dire, ici, en témoin, naîtra notamment un court texte, Réflexions sur les fausses nouvelles de la guerre, petit manuel d’esprit critique utile pour (tous) les temps troublés. Simultanément peut-être s’est formé le projet de ce qui sera l’un des chefs-d’œuvre de Bloch, Les Rois thaumaturges, une enquête sur une autre forme de rumeur, les pouvoirs magiques attribués aux rois de France et d’Angleterre du Moyen-Âge, qui sera redécouvert dans les années 1950 par l’historien Carlo Ginzburg.
« Pour un historien, ce qui fait sa valeur c’est une sorte de non-conformisme intellectuel, par rapport à la pratique dominante, je dirais même à l’idéologie dominante de la profession historienne, tout en étant très proche de la tradition. Il n’était pas contre les savants, il n’était pas contre la science, mais il la pratiquait autrement. » Peter Schöttler
Cette pratique de l’histoire mène en 1919 Marc Bloch à l’Université de Strasbourg, prestigieuse vitrine de l’Université française, où il rencontre Lucien Febvre. C’est le début d’une amitié intellectuelle qui donnera naissance à une revue devenue célèbre : les Annales d’histoire économique et sociale.
Avec les historien·nes
Peter SchöttlerNicolas OffenstadtAnnette BeckerManon PignotOlivier DumoulinAlexis DouchinCarlo GinzburgBertrand Müller
Merci à la famille Bloch, et notamment à Matis et Suzette
Archives INA : Étienne Bloch, fils aîné de Marc Bloch, 1990 – [*extrait de Marc Bloch 1re partie / Profils perdus /France Culture 1990 notice n°00489503]
Discographie
SPRING 1 (pour orchestre de chambre et électronique)Antonio Vivaldi / Max RichterDirection : André de RidderLabel : Deutsche Grammophon (DGG)ELLIS ISLAND (pour deux pianos)Meredith MonkInterprètes : Ursula Oppens, Bruce BrubakerLabel : ECM New SeriesELLIS ISLAND (arrangement pour orgue)Meredith Monk – arrangement : James McVinnieLabel : PentatoneEINSTEIN ON THE BEACH – Trial (Acte III, scène 1)(chœur, orgue électrique et diction)Philip Glass – texte : Robert WilsonEnsemble : Philip Glass EnsembleLabel : CBS (M4K 38875/1)
Source:
www.radiofrance.fr


