« Le temps ne comptait pas… J’aurais pu employer mes loisirs à la chasse, à la pêche, au billard… J’ai préféré à tout la réalisation de mon rêve. Il m’a coûté 4 000 sacs de chaux et de ciment… mais avec cela on m’assure que mon nom passera à la postérité ». Ce sont les mots de celui qui, jusqu’à sa mort en 1924, passa trente-trois ans à transformer son potager en temple de la nature. Chaque année, 270 000 visiteurs se rendent dans le village d’Hauterives, en Drôme, pour y visiter le palais idéal du Facteur Cheval. Tel est son nom, passé à la postérité, ou plutôt au crible d’un souvenir vaguement dédaigneux. Il s’y perd à moitié. Car tandis que l’histoire de l’art a restitué son prénom au Douanier Rousseau, Henri Rousseau, le facteur Cheval demeure le plus souvent privé du sien, Ferdinand. Il est vaillant sans doute, imaginatif assurément, et obstiné dans son désir fou de poursuivre l’œuvre de création et d’aller au-devant de toutes ces images du monde qu’il transporte dans sa besace — mais est-on disposé à entendre ce qu’il dit de son art ou préfère-t-on écouter ceux qui, de Breton à Malraux, ont parlé pour lui ?
ouvrir crédits photoPour cheminer avec Ferdinand Cheval, au pas de sa tournée, et se frotter à l’étoffe de ses rêves, Patrick Boucheron dialogue avec :
Dimitri Delmas, auteur et illustrateur, auteur et illustrateur, qui a signé un livre sur le Facteur Cheval, J’avais bâti dans un rêve un palais, dans la collection « Un endroit où aller » chez Actes Sud. Un éditeur chez lequel sont parus ses précédents albums, plutôt destinés à la jeunesse, tels que Les voyages parfumées, Les voyages du goût, mais aussi Et Eugène inventa la poubelle.Eugénie Bey, autrice et scénariste, spécialiste d’esthétique, qui travaille notamment pour des artistes contemporains. Elle a signé Le tombeau rêvé de Ferdinand Cheval dans la collection « Le roman d’un chef d’œuvre » des éditions HD Ateliers.

En fin d’émission, l’historienne de l’art, performeuse et sociétaire de l’émission Hortense Belhôte nous parle, dans le désordre, du Facteur Cheval, de sociologie de l’art, mais aussi de Prune Nourry et de la biennale de Venise…
Et comme chaque semaine, Mathieu Potte-Bonneville nous envoie une Carte Postale, dans laquelle retient son souffle avec les équilibres de Bridget Polk, son art de (ne pas) bâtir et ses débris d’architecture revenus à l’état sauvage.

Les références de l’émission
Bibliographie sélective :
Musiques et archives diffusées pendant l’émission :
Source:
www.radiofrance.fr


