Le Buveur d’encre, du roman à l’exposition
Avant de devenir une bande dessinée, Le Buveur d’encre est un roman jeunesse. Dans la série Draculivre d’Éric Sanvoisin, Odilon, fils de libraire peu porté sur la lecture, voit son quotidien basculer lorsqu’un étrange client entre dans la boutique familiale. Le personnage a tout du vampire, à une différence près : il ne boit pas le sang, mais l’encre des histoires.
Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, cette intrigue sert de point d’entrée à une exposition scénographiée qui invite le visiteur à circuler dans le récit. Dès l’entrée, un immense visage inspiré du personnage principal fait office de portail. Derrière lui, les espaces reconstituent les lieux, les figures et les motifs marquants de l’œuvre.
Entrer dans le livre
Le parti pris est clair : matérialiser les décors. Librairie aux rayonnages chargés, murs couverts d’agrandissements, reproductions de planches, dessins originaux : l’exposition installe un décor narratif où apparaissent Odilon, son père libraire et le mystérieux Buveur d’encre, aussi nommé Draculivre.
Cette mise en espace donne des repères aux jeunes visiteurs sans figer le récit. Les panneaux reviennent sur les personnages, leurs liens et les origines de l’histoire. Le dispositif tient ainsi autant de l’exposition de bande dessinée que de l’immersion dans un livre.
Plusieurs sections rappellent aussi la source littéraire du projet. Le Buveur d’encre naît sous la plume d’Éric Sanvoisin avant de passer en bande dessinée, dans une adaptation confiée à Steve Baker.
Les coulisses de l’adaptation
Le travail du dessinateur constitue le cœur de la visite. Formé à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, Steve Baker s’est fait connaître par des récits jeunesse mêlant humour, aventure et fantastique. Ici, son adaptation devient le fil conducteur de l’exposition.
Planches originales, croquis préparatoires et recherches graphiques montrent comment il s’est approprié l’univers d’Éric Sanvoisin. Le visiteur passe du texte à l’image, observe la naissance des personnages, la construction des décors et les choix qui transforment un roman en récit dessiné.
Cette dimension pédagogique donne tout son intérêt au parcours. Plutôt qu’un simple accrochage d’originaux, l’exposition rend visibles les étapes de fabrication d’un album.
Vampires, bibliothèques et imaginaire jeunesse
L’exposition explore aussi les références qui nourrissent Le Buveur d’encre. Une salle plonge dans un décor sombre, proche de l’imaginaire vampirique. Cercueil, illustrations et textes explicatifs convoquent les codes du genre, tout en soulignant la singularité du personnage : un vampire qui préfère l’encre au sang.
Les livres, eux, restent partout présents. Les bibliothèques occupent plusieurs espaces, rappelant le paradoxe fondateur du récit : un enfant qui n’aime pas lire se retrouve entraîné dans une aventure née des livres.
Ce dialogue entre littérature jeunesse et bande dessinée traverse toute l’exposition. L’une ne remplace pas l’autre : le même univers circule, change de forme, gagne en images sans perdre son ancrage littéraire.

Un espace conçu pour les jeunes visiteurs
Le parcours ne se limite pas à une présentation patrimoniale. Un jeu de piste accompagne la visite et invite les enfants à chercher des indices dans les différents espaces. Des ateliers leur permettent aussi d’expérimenter le dessin et les effets de l’encre.
En donnant une forme concrète à l’univers du Buveur d’encre, l’exposition souligne la vitalité d’une série jeunesse construite autour des livres, du fantastique et de l’humour. Une histoire née dans les rayonnages d’une librairie, désormais prolongée par la bande dessinée et la scénographie.

Crédits photos : ActuaLitté, CC BY SA 4.0
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Par Inès LefoulonContact : il@actualitte.com
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