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Vivre avec un trouble dissociatif de l’identité 5/5 : TDI : la prise en charge intensive à la Maison de la résilience, à Nancy

Dans ce dernier épisode, nous cheminons aux côtés de Cynthia, une patiente de la Maison de la résilience. Elle a accepté de livrer son témoignage afin de combattre les idées fausses liées au TDI. Il lui semble, par exemple, exagéré de dire que tous les malades entendent des « voix » dans leur tête. Chez elle, ce trouble s’est manifesté depuis toujours par des « pop up » qui s’ouvrent dans son cerveau. Ce qui ne veut pas dire que la dissociation n’est pas présente chez elle. D’ailleurs, ces « fenêtres pop-up » lui enjoignent de faire des choses parfois particulièrement dangereuses pour elle-même.

Ainsi Cynthia a-t-elle, comme beaucoup de patients suivis ici, commis des tentatives de suicide et connu des moments de dépression. Néanmoins, elle explique comment elle s’est attelée à apprivoiser ses « parties » d’elle-même. Avant, elle faisait tout pour masquer leur existence. Depuis qu’elle est en thérapie intensive, à la Maison de la résilience, elle a commencé à les prendre en compte, à tenter de comprendre ce que ces « alters » portent en eux, ce qu’ils veulent lui dire quand ils surviennent et prennent les commandes. Les « écouter » lui a permis en quelque sorte d’atteindre une harmonie intérieure. Même si elle sait que tout n’est pas réglé.

La jeune fille a subi enfant des traumatismes qu’elle ne veut pas détailler. Mais il s’agit bien de violences sexuelles, psychiques, physiques, elle liste même des « privations ». Ce sont des drames que l’on retrouve chez la plupart des patents porteurs de TDI. Pour Cynthia, certains souvenirs sont encore très vivants. Il lui arrive parfois de tout revivre, de ressentir les odeurs, les bruits, les couleurs de ces agressions.Mais bien souvent ce qu’elle nomme ses « boîtes à souvenirs traumatiques » restent des coffre forts restent fermés à double tour dans sa mémoire et sont totalement inaccessibles à la Cynthia d’aujourd’hui.

Lorsqu’elle sent qu’elle disque d’amorcer une dissociation, Cynthia dispose aujourd’hui de petits objets pour lui permettre de revenir à la réalité de son corps et du temps présent. Une boule à picots, un petit pot de crème, une huile essentielle. Ces outils sont décrits comme une véritable « petite trousse de secours », par la jeune femme. D’ailleurs elle l’a tout le temps dans son sac à main et montre volontiers son contenu. Parmi les objets desTêtes brûlées petits bonbons très piquants qui sont particulièrement efficaces.

Dans cet épisode nous suivrons aussi une « bulle ». C’est un moment de partage, un atelier collectif accessible aux patients qui leur permet de se « réancrer » et de reprendre conscience de la réalité lorsqu’ils sont entre deux consultations éprouvantes. Ces séances, qui mobilisent les cinq sens, sont menées par les soignants de la Maison de la résilience. Nous découvrirons l’infirmier Francis et deux malades venues se recentrer – à travers des mouvements corporels.


Source:

www.radiofrance.fr

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