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Chlordécone aux Antilles : une présence qui persiste dans certains aliments

« Les produits de la pêche – poissons, crustacés et mollusques – sont la catégorie d’aliments présentant les plus forts niveaux de contamination », conclut l’étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ) basée sur des analyses réalisées depuis 2021 sur plus de 700 échantillons.

Sa publication intervient au lendemain de l’adoption mardi par le Parlement d’une loi reconnaissant une « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone, un insecticide largement utilisé jusqu’au début des années 1990 dans la cultures de bananes.

Même si ce produit, notamment cancérogène et perturbateur endocrinien, est interdit depuis plus de trente ans, il reste présent dans l’environnement, comme en témoigne ce nouveau travail de l’Anses, agence qui veille à la sécurité de l’alimentation.

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Très présent dans « les circuits informels » 

À certains titres, les résultats de cette nouvelle étude sont encourageants. Les taux de chlordécone sont, globalement, en baisse dans les aliments consommés aux Antilles par rapport aux précédentes études de l’Anses.

Le chlordécone n’a pas été détecté dans les fruits, et il ne l’a été qu’à faible dose dans les légumes et légumes racines.

Mais deux grands types de produits continuent à présenter des taux conséquents, en particulier quand ils sont issus de circuits « informels » – autoproduction, dons, ventes de bord de route, etc. – : les œufs et les produits de la pêche, poissons comme mollusques.

En Guadeloupe, « le principal groupe d’aliments contributeurs à l’exposition est celui des poissons de mer », précise l’Anses. « Ce groupe contribue à plus de la moitié de l’exposition des enfants et à plus d’un tiers de l’exposition des adultes. »

En Martinique, « les crustacés d’eau douce sont de loin le premier groupe d’aliments vecteur, aussi bien chez les adultes (67%) que chez les enfants (42%) », note-t-elle.

Quant aux œufs, un quart de ceux consommés dans des circuits informels sur l’ensemble des Antilles dépassent le seuil jugé risqué pour la santé. Par ailleurs, l’étude n’a pas conclu à un effet notable de la cuisson des aliments pour réduire les taux de chlordécone, contrairement à ce que laissaient espérer certains travaux.

Une autre étude, menée par l’agence Santé publique France, est actuellement en cours pour mesurer plus précisément l’exposition de la population antillaise au chlordécone. Ses résultats sont attendus cette année.

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Des recommandations pour limiter l’exposition au chlordécone 

L’Anses recommande de ne pas consommer de produits d’eau douce provenant des zones où la pêche est interdite et de limiter la consommation de certains produits issus de la pêche en mer. Elle conseille également aux propriétaires de poules pondeuses de participer au programme JAFA, qui permet de bénéficier gratuitement d’une analyse des sols ainsi que de conseils pour réduire la contamination des œufs.

Le chlordécone, interdit dès 1977 aux États-Unis, a été utilisé aux Antilles de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier. Interdit en France en 1990, il a été utilisé jusqu’en 1993 par dérogation aux Antilles mais peut rester dans les sols jusqu’à 600 à 700 ans.


Source:

www.sciencesetavenir.fr

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