Aux États-Unis, fin avril, le cannabis a été reclassé au niveau fédéral comme une drogue moins dangereuse. Un pas de plus vers une légalisation complète, alors que la marijuana est déjà autorisée dans plus de 40 États américains au moins pour un usage médical.
C’est le cas à Washington, la capitale, où il est de plus en plus simple de se procurer de l’herbe. Les dispensaires de cannabis deviennent même des espaces de détente et de consommation… les nouveaux cafés.
Robbie Martin nous fait visiter les lieux : un immense espace dans les quartiers Est de Washington. Vente au détail, deux salons, un bar, une terrasse extérieure, une décoration chaleureuse.
‘Higher Ground’, dont il est le manager, a été conçu, dit-il, pour sortir du stéréotype du fumeur de joints seul dans son coin. Ici, on consomme de la marijuana dans la convivialité. C’est pour cette raison qu’Ayana, 28 ans, est une cliente régulière :
« Il y a à la fois des salles intérieures et un espace extérieur pour fumer. C’est parfait car ça n’a pas d’intérêt de faire quelque chose qui détend tout en étant anxieux parce qu’on est en public et que l’odeur est forte et attire l’attention même si c’est décriminalisé dans cette ville. Donc ici c’est bien, c’est un lieu pour adultes où je peux travailler, apporter un livre si j’en ai envie. »
Cliente ou patiente ? En réalité, seul l’usage médical est autorisé à Washington. Mais comme dans beaucoup d’États américains, une simple déclaration en ligne permet d’obtenir un permis.
Les dispensaires, nouveaux cafés américains
Higher Ground est le premier lieu de ce genre sur la côte Est. Bien plus qu’un dispensaire, c’est aussi un café, un site de cultivation du cannabis et un lieu d’éducation.
Le reclassement de la marijuana, fin avril, dans une catégorie moins restrictive, accélère encore le développement de ces commerces, selon Robbie Martin :
« Pendant très longtemps, des décennies, le cannabis a été classé comme une drogue dure, au même titre que le crack ou l’héroïne. 99 % des gens dans le monde reconnaissent que ça n’a rien à voir avec ces drogues. L’objectif devrait être de déclassifier totalement le cannabis. C’est le cas de substances psychoactives comme l’alcool. Les gens reconnaissent les bienfaits du cannabis et ont demandé des évolutions. Et la législation a déjà rattrapé une partie de son retard. »
Louie Mrad, l’un des propriétaires de Higher Ground, a placé une grande partie de ses économies dans le projet. Il est convaincu que l’industrie du cannabis va continuer à se développer aux États-Unis :
« Je pense que le cannabis a beaucoup d’avantages. Maintenant que le gouvernement fédéral l’a enfin reclassé de la catégorie 1 à 3 dans un but médical, vous allez découvrir tous les bienfaits que cette plante peut réellement apporter. »
Le cannabis est certes quasi légalisé dans beaucoup d’États américains, mais entre les difficultés juridiques, la concurrence et l’opposition de certains élus, le marché est encore confronté à de nombreux obstacles.

Source:
www.radiofrance.fr


