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NBA : les New Yorks Knicks de retour en finale, la fin d'une anomalie qui aura duré 27 ans

Les New-Yorkais, dont la dernière apparition en finale remonte à 1999, y sont de retour, à partir de mercredi, face aux San Antonio Spurs, qui les avaient battus cette année-là.


Publié le 03/06/2026 06:50

Temps de lecture : 4min

Josh Hart dans le logo des Knicks contre les Cleveland Cavaliers, le 21 mai 2026. (PAMELA SMITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

La dernière fois que les New York Knicks étaient en finale NBA, un certain Rick Brunson était membre de l’effectif. Vingt-sept ans plus tard, c’est son fils, Jalen, qui va prendre la suite. Derrière ce clin d’œil de l’histoire, c’est surtout la fin d’une longue traversée du désert pour la franchise de New York depuis cette finale perdue face aux… San Antonio Spurs (4-1).

Au XXIe siècle, la mythique franchise des « Knickerbockers », dont le deuxième et dernier titre remonte à… 1973, n’a plus jamais ressemblé à un prétendant sérieux au titre jusqu’à l’arrivée de Jalen Brunson, en 2022. Entre la dernière apparition en finale NBA, en 1999 donc, et aujourd’hui, New York n’a participé que 11 fois aux playoffs, dont sept années de suite sans y accéder entre 2013 et 2019.

En 2010, pour relancer une machine au point mort et contenter les fans les moins indulgents de la planète basket, le choix s’était porté sur le spectaculaire Amar’e Stoudemire. Le dunkeur avait ravivé la flamme au Madison Square Garden, rapidement suivie de la « Linsanity », deux semaines de pure folie, en 2012, où l’inconnu Jeremy Lin avait explosé avant de rentrer dans le rang.

L’arrivée dans la foulée de Carmelo Anthony, une superstar de l’époque, avait nourri de réels espoirs d’accéder, au moins, à la finale de conférence. Maigre bilan : une seule demi-finale au compteur, en 2012-2013, et « Melo » a plié bagage, pendant que LeBron James massacrait la conférence Est avec huit finales NBA de suite sous le maillot de Miami jusqu’en 2014, puis de Cleveland jusqu’en 2018.

Pendant une décennie, les mauvaises décisions se sont multipliées, tant sur le choix des coachs, des contrats des joueurs que des choix à la draft chaque année. « La malédiction, c’est l’excuse facile, pestait en 2017 Frank Isola, qui suivait alors l’équipe pour le New York Daily News. Aujourd’hui, il y a un problème de management aux Knicks : pas le bon entraîneur, pas les bons joueurs même s’il y a un peu de malchance, c’est vrai. »

C’est l’arrivée en 2020 du rugueux coach Tom Thibodeau, un « gagneur éprouvé qui a su tirer le meilleur des joueurs et des équipes qu’il a entraînés » selon le président Leon Rose, homme clé du renouveau, qui a relancé les espoirs constamment déçus des fans new-yorkais. Même si elle a dans le même temps éteint ceux d’Evan Fournier, arrivé en 2021 et qui a vu son temps de jeu devenir famélique après une première année pourtant prometteuse.

Dès l’arrivée de Thibodeau, les Knicks sont revenus à un bilan positif, ce qu’ils n’avaient plus connu depuis 2012, et n’ont raté les playoffs qu’une seule fois en quatre ans. Habitué à une très courte rotation de joueurs, le coach a néanmoins essoré ses cadres, à bout de forces au moment d’accéder à la finale NBA, comme en 2025.

L’arrivée cette saison du coach Mike Brown, cinq fois champion NBA sur le banc et deux fois coach de l’année, leur a encore fait passer un cap presque inattendu. Menés 2-1 par les Atlanta Hawks au premier tour, les Knicks ont modifié leur approche après une défaite.

Très centrée sur la star Jalen Brunson, elle est devenue beaucoup plus collective, et le résultat a été au-delà de toutes les espérances de la Grosse Pomme : onze victoires de suite, la plus longue série de l’histoire des playoffs derrière les San Antonio Spurs de Tim Duncan en 1999 (12) et les Golden State Warriors de Stephen Curry en 2017 (15).

Signe de leur domination totale sur la conférence Est, le différentiel de points inscrits et encaissés sur ces onze matchs est colossal : 261 points, soit 23,7 points d’écart dans chaque victoire. Un gouffre auquel ils n’avaient habitué personne, mais qui est désormais leur standard sur cette campagne. « Ils font ce dont je parle toujours : ils se tiennent mutuellement responsables, ils croient au processus, ils jouent avec un esprit de compétition sans égal », salue le coach Mike Brown.

Pour aller au bout, il faudra désormais passer sur le corps des San Antonio Spurs, qui partiront favoris. Mais ces Knicks là ont déjoué bien des pronostics. « Je pense vraiment qu’ils ont une chance, parce qu’ils ont un truc insaisissable en ce moment, à savoir qu’ils croient en eux-mêmes. Ils ont compris la valeur de l’abnégation, c’est énorme. (…) Quelle que soit la situation, ils ne se considèrent jamais battus », estime de son côté Bill Bradley, membre de la dernière équipe championne, en 1973.

Pour l’occasion, le maire de New York a fait un geste en annulant symboliquement l’heure de coucher des enfants new-yorkais afin que tous puissent soutenir l’équipe locale, qui attend un titre depuis cinquante-trois ans. C’est dire à quel point la mégalopole met toutes les chances de son côté pour réparer enfin cette anomalie.


Source:

www.franceinfo.fr

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