Plusieurs agglomérations, comme Lorient ou Laval, ont lancé des offres face l’augmentation du prix des carburants. Certains automobilistes semblent avoir franchi le pas.
Publié le 02/06/2026 12:18
Mis à jour le 02/06/2026 12:27
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Faut-il rendre gratuit les transports en commun ou alors baisser fortement leurs tarifs ? Face à la hausse des prix du carburant, certaines villes ont décidé d’offrir un coup de pouce aux usagers. Double objectif : un geste significatif en faveur du pouvoir d’achat et une incitation à laisser tomber la voiture en ville.
À Lorient, dans le Morbihan, Anaïs a bénéficié de ces tarifs très réduits davantage par nécessité que par choix : « Ma voiture m’a lâchée, je me suis retrouvée du jour au lendemain piétonne, explique l’enseignante. Je connaissais bien sûr le bus pour l’utiliser de façon très occasionnelle. J’ai pris une carte, et c’est seulement à ce moment-là que j’ai vu qu’il y avait une offre. Donc ça tombait pile poil ! », se réjouit-elle.
Cette offre correspond à 10 euros l’abonnement mensuel en mai et en juin, au lieu des 40 euros habituels. Depuis, Anais court la ville en bus, à commencer par son trajet domicile-travail. « Entre le temps que je me laisse pour aller jusqu’à l’arrêt de bus et le temps que le bus arrive près de mon travail, je mets quinze à vingt minutes. En voiture, avec les bouchons que je pouvais parfois avoir, c’était pareil, indique Anaïs. Cela me permet d’arriver au travail sans avoir à chercher de place. Ça m’oblige à marcher un peu plus, ce qui n’est pas plus mal finalement pour ma santé. Je trouve ça agréable : je peux écouter mon livre audio dans le bus, donc je ne suis pas sûre de revenir en arrière… », confie-t-elle.
Et même si l’abonnement repasse à 40 euros, cela ne devrait pas changer sa décision : « Ça va par rapport à l’essence que je mets tous les mois dans ma voiture ! Ça ne me paraît pas un prix exorbitant. Je pense que je continuerai et que je reprendrais une carte », assure Anaïs.
En un mois, ce sont près de 1 500 nouveaux abonnés qui ont été recrutés par le réseau de transport en commun. Céline Olivier, vice-présidente chargée de la mobilité, espère que tous feront ensuite le même choix qu’Anais. « Lorient est de plus en plus congestionné, explique Céline Olivier. Sur la Pénétrante [principale voie d’accès au centre et ports de la ville], on voit les bouchons aux heures de pointe. Je pense que les gens se posent de plus en plus de questions… Et là, c’était vraiment l’occasion, on tombe au bon moment avec le prix du carburant en hausse et la découverte du réseau. On espère que ces usagers continueront à prendre le bus et prendront des abonnements à l’année. Et qu’ils se rendent compte que finalement, ce n’est pas compliqué le bus ! »
À Laval, en Mayenne ville plus petite avec un réseau moins développé, le prix du ticket a été fortement baissé de 1,30 euro à 50 centimes ainsi que le forfait journée. Cela s’est traduit par une fréquentation en hausse de 15%, un résultat encourageant. « Dans les territoires comme les nôtres mi-urbains, mi-ruraux, la voiture individuelle reste l’outil prépondérant », explique Florian Bercaut, président de l’agglomération.
« On voit bien que ces alternatives peuvent exister, encore faut-il révéler leur potentiel. Le prix peut être un enjeu, mais pas que : c’est aussi faciliter l’accès et avoir une fréquence qui soit suffisamment importante pour être attractive. »
Florian Bercaut, président de l’agglomération de Lavalà franceinfo
Les deux villes vont poursuivre leurs efforts à la rentrée avec une semaine de gratuité totale à Lorient en septembre et la gratuité le week-end étendue au mercredi à Laval.
Source:
www.franceinfo.fr


