« Il s’était arrêté au milieu du Pont-Neuf » : la phrase de Flaubert, dans L’Éducation sentimentale, semble trouver un écho chez Sartre, grand lecteur de l’écrivain, lorsque Mathieu Delarue, dans Le Sursis, s’immobilise à son tour sur ce même pont. D’un roman à l’autre, la scène se déplace : chez Flaubert, Frédéric Moreau s’abandonne au flux du rêve et du désir ; chez Sartre, Mathieu éprouve le vertige d’une liberté sans appui. Le pont devient le centre d’un équilibre entre l’eau qui passe et la pierre qui demeure.
La Bible le dit en deux versets qui se répondent : « Une génération s’en va, une génération vient », en hébreu*,* dit l’Ecclésiaste (1, 4) soulignant l’éphémère de tout vivant. Mais le Deutéronome (32, 7), en une belle formule nous invite en disant Souviens-toi des jours anciens, médite les années de génération en génération : À l’écoulement des vies, s’oppose le travail de la mémoire et de l’histoire.
Et n’est-ce pas, au fond, le rôle des musées ? Faire pont entre l’oubli et la transmission, accueillir ce qui, sans eux, se dissoudraient dans le temps : les gestes, les formes, et les, et leur offrir une demeure. Et c’est peut-être l’un des enjeux majeures de l’exposition que le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme consacre à Noa Eshkol jusqu’au 30 août 2026 sous le titre « Noa Eshkol, 1924-2007. Danse et compositions », dont Pascale Samuel et Dorota Sniezek en sont les commissaires.****
L’invitée
Pascale Samuel est conservatrice du patrimoine, chargée de la collection d’art moderne et contemporain au musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, spécialiste des questions muséales et de la création moderne et contemporaine.
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L’exposition Noa Eshkol au Mahj
Le mahJ présente la première exposition en France consacrée à l’artiste israélienne Noa Eshkol (Degania, 1924 – Holon, 2007).
Pionnière de la danse moderne, chorégraphe, elle fut aussi une prodigieuse artiste textile. L’exposition met en lumière son œuvre des années 1950 aux années 2000, de ses compositions chorégraphiques à ses célèbres Wall carpets, à travers dessins, photographies et vidéos.
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www.radiofrance.fr


