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Les Américains roulent une grande partie de leurs 22.000 kilomètres annuels pendant les vacances d'été: la "driving season" risque de prolonger la flambée des prix à la pompe dans le monde

L’arrivée du mois de juin marque le début des vacances pour les Américains. Gros rouleurs, leur consommation pendant ces trois mois estivaux a tendance à faire gonfler le prix de l’essence, déjà très élevé.

Alors qu’en début de semaine, certains pronostiquaient un retour rapide des carburants à des tarifs plus abordables, ils pourraient repartir à la hausse dès ce week-end. En cause, les négociations entre Washington et Téhéran qui patinent, avec de nouveaux bombardements ce jeudi, mais aussi le début de la « driving season ». L’arrivée du mois de juin rime traditionnellement avec le début des vacances pour nombre d’Américains. Et la plupart d’entre eux risquent d’avaler des centaines, voire des milliers de kilomètres en voiture, de loin leur moyen de locomotion préféré.

« Il y a énormément de demande à cette période, pointe Francis Pousse, président de la branche stations-services de l’organisation patronale Mobilians. Traditionnellement, la driving season fait flamber les prix, même en France car les prix d’achat explosent. »

Selon les données de la Federal Highway Administration, l’agence gouvernementale responsable des autoroutes, l’automobiliste américain moyen parcourt presque 22.000 kilomètres par an, dont une bonne partie l’été. Presque le double des 11.600 km annuels pour les particuliers français, dont la consommation baisse chaque année. Pourtant, l’immense consommation estivale des voitures américaines a des répercussions sur le marché mondial, surtout pour l’essence.

« À cette époque de l’année, les Américains utilisent davantage leur voiture, ce qui augmente la demande en essence sans plomb et qui a tendance à faire monter les prix par rapport au gazole », expliquait Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières en 2024.

D’autant plus que, même si les prix ont flambé depuis trois mois et le début du conflit iranien, l’essence américaine reste plus de deux fois moins cher qu’en France. Une différence justifiée par les taxes sur le carburant, bien moins élevées qu’en Europe, mais aussi par son statut de premier producteur mondial.

Les élections de mi-mandat pour freiner l’inflation?

Les prix à la pompe restent, en plus, un indicateur tangible de la situation économique américaine. Et l’administration a tout intérêt à favoriser des prix plutôt abordables, tant le poids de la voiture est important pour les consommateurs. La driving season peut-elle bousculer cet équilibre? Les experts interrogés ne se risquent pas à une estimation de l’inflation liée à la période des vacances. Mais elle devrait, sans aucun doute, coûter quelques centimes par litre supplémentaires aux consommateurs américains. Avant de se répercuter sur le marché mondial, donc français, dans les jours suivants.

Cette hausse pourrait se prolonger jusqu’à la fin de la driving season, à la mi-septembre soit quelques semaines avant les élections américaines de mi-mandat. Pour contrôler cette inflation, Donald Trump a déjà réclamé la suspension temporaire de la taxe fédérale sur l’essence, aux alentours de 18,4 cents le gallon (environ 3,8 litres). Un potentiel coup d’épée dans l’eau.

« À court terme, les fournisseurs – même si la vente de gaz est assez concurrentielle – conservent un certain pouvoir de marché », estime Kent Smetters, spécialiste des politiques publiques dans une note de blog.

Comprendre par là que même la suspension de cette taxe n’endiguera pas l’inflation. Un potentiel coup dur politique pour le président américain, qui pourrait vouloir trouver un accord de paix rapidement pour faire revenir les prix à la baisse. Même si, ce jeudi, il a déclaré qu’il se « fiche des élections » et qu’il « faudra les (Iraniens) pulvériser ». Le baril de pétrole et les prix à la pompe apprécieront.


Source:

www.bfmtv.com

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