Le prodige français de 17 ans affronte le Chilien Alejandro Tabilo, samedi, pour une place en huitièmes de finale de Roland-Garros.
Publié le 30/05/2026 06:30
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Après plusieurs jours de canicule, la porte d’Auteuil a enfin trouvé son vent de fraîcheur : Moïse Kouame. À 17 ans à peine, le jeune Français, sensation de cette édition de Roland-Garros, affole les compteurs depuis sa victoire épique face à Adolfo Daniel Vallejo au 2e tour. Plus jeune joueur à se hisser au troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem depuis Rafael Nadal en 2003 à Wimbledon (le plus jeune à Roland-Garros depuis Michael ChanG en 1988), Moïse Kouame ne veut pas s’arrêter là, alors qu’il affronte le Chilien Alejandro Talibo au 3e tour, samedi 30 mai.
« Moïse sait ce qu’il veut. Il veut aller beaucoup plus loin que le 3e tour, même s’il n’a que 17 ans. Il est prêt à faire un gros match, à aller très loin dans les tournois », prévient Benoît Paire, qui connaît bien la nouvelle coqueluche du tennis français, puisqu’il partage le même agent depuis des années. Le consultant Francetv sport ajoute : « Et si Moïse perd, il se remettra au travail. C’est un mec qui sait ce qu’il veut, bosseur et super sympa. Il a 17 ans, mais il est prêt à assumer ce statut de sensation française du tournoi. Il a toutes les armes pour aller très haut. »
Promis à un brillant avenir, Moïse Kouame découvre toutefois les latitudes du haut niveau, lui qui n’était que 876e mondial au début de la saison, et qui est d’ores et déjà assuré de pointer aux alentours de la 210e place à l’issue de Roland-Garros. En lice dans un tournoi du Grand Chelem pour la première fois de sa carrière naissante, le natif de Sarcelles sort d’un combat de cinq heures, son premier match en cinq sets. « Il a beaucoup puisé, forcément. Et sa récupération, c’est vraiment l’inconnue. On verra s’il aura des courbatures », s’interroge Benoît Paire, « Après le match, il est vite allé récupérer. Il s’est concentré là-dessus, sur la réhydratation. »

« Moïse est prêt physiquement, il est très bien entraîné, c’est un bel athlète. Mais c’est la première fois qu’il joue un match aussi long. Après, il est bien entouré, avec des personnes comme Richard Gasquet pour l’encadrer sur la récupération », développe Benoît Paire, rappelant qu’après un tel marathon, la fatigue n’est pas que physique. « On peut se préparer comme il l’a fait en faisant des entraînements très longs, mais rien ne remplace la compétition, l’ambiance et la fatigue nerveuse que ça engendre. C’est surtout le stress qui fatigue. Il a eu beaucoup d’émotions dans ce match, et a donc dû beaucoup puiser. Il faut digérer. »
Programmé en troisième rotation, Moïse Kouame devrait débuter son troisième tour à peu près à l’heure à laquelle il a terminé son deuxième, jeudi. Ce qui lui laisse environ quarante-huit heures pour récupérer, avant d’affronter un adversaire beaucoup plus frais. Car si Moïse Kouame a passé sept heures et trente-quatre minutes sur les courts depuis le début du tournoi, Alejandro Tabilo n’a joué qu’une heure et cinquante-trois minutes, le temps de broyer (6-1, 6-3, 6-4) le Polonais Kamil Majchrzak (78e) au 1er tour. Au 2e tour, le Chilien s’est en effet qualifié sans jouer, après le forfait du Monégasque Valentin Vacherot. « Vendredi il a fait un petit double pour se remettre dans le tournoi », confie d’ailleurs Benoît Paire, pour qui Alejandro Tabilo ne manquera pas de rythme.
Pour continuer à écrire son histoire, Moïse Kouame devra donc sortir le grand jeu face à Alejandro Tabilo, 36e mondial, révélé en 2024 en atteignant les demi-finales du Masters 1000 de Rome après avoir battu, entre autres, Novak Djokovic. « C’est un très bon joueur, un gaucher difficile à manœuvrer avec un très bon service, et un très bon joueur de terre battue, très agressif, très bon en coup droit, et capable de fulgurances en revers », insiste Benoît Paire, « Tabilo est un adversaire très compliqué pour Moïse, mais avec le public tout peut se passer à Roland-Garros. »
Après s’être entraîné avec Lorenzo Musetti et Jannik Sinner à Monte Carlo, Moïse Kouame plonge cette fois dans le grand bain, sur le court Suzanne-Lenglen, avec la France derrière lui. Mais pas de quoi faire tourner la tête au jeune supporter du PSG, plus préoccupé par l’horaire de son match et par la finale de Ligue des champions, que par la pression et l’espoir nouveau qui l’entourent. « Il ne s’éparpille pas trop. Dès la fin du match, il était concentré sur son prochain tour. Il a la tête sur les épaules. Ça fait déjà des années qu’il a dit qu’il voulait être numéro un mondial et gagner des Grands Chelems », rappelle Benoît Paire.
« On n’a pas forcément plus de pression en soirée et, de toute façon, la pression il l’aura. C’est le joueur français sensation de cette édition, il sera très attendu. Il va encore nous faire rêver. »
Benoît Paireà franceinfo: sport
Alors qu’il espérait ne pas être sur les courts pendant la finale du PSG, Moise Kouamé pourrait en manquer le début. Mais Benoît Paire rappelle : « Jouer tôt, ça veut dire plein cagnard, ce qui n’est pas bon pour lui. Il faut quand même privilégier son match à celui du PSG ». Ne serait-ce, aussi, que pour s’assurer que le public n’ait pas un œil sur le téléphone, et l’autre sur le court. « Le public c’est une force. Sans le public, il aurait perdu jeudi. Il va devoir aller le chercher, et j’espère qu’il aura les jambes dès le début », anticipe Benoît Paire.
Source:
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