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Des chercheurs ont coupé le pied d'une étrange créature marine: trois ans plus tard, il vit toujours

Ça vous dirait de vous couper une main et de la regarder se balader pendant des années à vos côtés comme si de rien n’était? C’est sensiblement l’objet d’une étude menée dans les profondeurs glacées de l’Atlantique et de l’Arctique, où des chercheurs ont observé une sorte de concombre de mer dont un pied sectionné a montré une capacité de régénération exceptionnelle.

L’espèce en question, Psolus fabricii ou Psolus écarlate, appartient aux holothuries dendrochirotides. Avec son corps mou, couvert d’écailles, et ses tentacules rouge sang, elle a déjà de quoi faire fantasmer les fans de Lovecraft. Ses nombreux pieds tubulaires lui permettent de se déplacer sur le fond océanique, mais cette morphologie délicate l’expose aussi aux blessures, résume un article du site spécialisé Refractor.

Pour comprendre ce qui arrivait en cas de gros bobos, les chercheurs ont prélevé plusieurs échantillons –des membres amputés, donc– et les ont observés pendant plusieurs semaines. Ils ont analysé les tissus, les structures anatomiques et même suivi l’absorption de nutriments grâce à des acides aminés et de l’ammoniac présents dans l’eau de mer.

Une vie autonome 

Très vite, les résultats ont surpris l’équipe: au lieu de se dégrader, un pied sectionné entame un véritable processus de réparation. Des cellules anciennes et nouvelles se mélangent, les cellules immunitaires se multiplient, et le tissu amputé se transforme peu à peu en une masse sphérique de muscle vivant et de tissu conjonctif.

Au bout d’un mois, la plaie était devenue presque indiscernable du reste de l’échantillon. Les cellules pigmentées s’étaient enfoncées plus profondément, laissant en surface une sorte de nouvelle peau translucide. Le plus étonnant est que certains de ces pieds ont continué à survivre pendant des années dans des aquariums de laboratoire, tranquillement enfouis sous une couche de sédiment.

Ces membres ne sont pas redevenus un nouvel animal complet, mais ils vivaient toujours de façon autonome, absorbant les nutriments présents dans le sol comme s’ils poursuivaient une existence propre.

Cette capacité de survie intrigue d’autant plus qu’elle a été observée dans un milieu extrêmement hostile. Il se pourrait pourtant que l’eau de mer naturelle, riche en bactéries et en matière organique, ait en réalité nourri les tissus et favorisé leur croissance. Pour les scientifiques, cette découverte montre à quel point l’environnement marin peut encore receler des mécanismes biologiques inconnus.

D’autres animaux sont capables de prouesses de ce type: les salamandres peuvent faire repousser leurs membres, certaines méduses parviennent à rajeunir en régressant à un stade de vie antérieur, etc. Récemment, des chercheurs sont parvenus à faire repousser les doigts amputés chez des souris, ouvrant la voie à de possibles régénérations chez les mammifères… mais il faudra encore attendre un peu.


Source:

www.slate.fr

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