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Philippe Vaillant, le monsieur terre battue de Roland-Garros

Depuis le 24 mai, les meilleurs joueurs et joueuses de tennis au monde se sont donnés rendez-vous près de Paris, Porte d’Auteuil, où se déroule Roland-Garros. Parmi les 4 tournois du Grand Chelem, c’est le rendez-vous de référence pour la terre battue. Un or rouge qui compose les 18 courts du stade et les 15 terrains d’entrainements situés à proximité. Cette terre battue, c’est une véritable science et elle nécessite un entretien de chaque instant. Celui qui a la lourde de tâche de remplir cette mission, et de piloter les équipes dédiées, c’est Philippe Vaillant.

C’est sur le central de Roland-Garros, le mythique court Philippe-Chatrier, que nous le retrouvons. Manager du service entretien, il est « le monsieur terre battue » de la Porte d’Auteuil. Son regard méticuleux se porte toujours sur le terrain pour contrôler sa qualité. « Cet ocre qui change de couleur, on sait tout de suite si ça sèche. Il faut aussi observer aussi le jeu : comment le joueur a glissé ? On sait si le court demande un peu d’eau », explique-t-il en observant les échanges en cours sur le terrain, adossé au petit local où se trouve pelles, brouettes et sacs de terre pilée. Une réserve située en bord de court qui permet à ses équipes d’agir rapidement chaque matin, et au pied levé si nécessaire pendant les matchs.

Une production exclusive pour Roland-Garros, fabriquée dans le Nord de la France

Cet or, presque rouge, Philippe Vaillant l’apprivoise depuis 1995 et en réalité dedans, il n’y a absolument pas de terre. « Ce que l’on voit le plus, c’est la brique pilée. C’est ce qu’il y a le moins en fait sur le court puisque c’est une couche qui y est faite entre trois et cinq millimètres d’épaisseur, pas plus. La couche la plus importante, donc la chape de jeu, elle est faite en calcaire. Donc c’est un calcaire concassé, broyé », explique le spécialiste. Sa préparation débute chaque année dès le mois d’avril. « On casse complètement les courts, on les retourne à l’aide d’un tracteur, tel l’agriculteur laboure son champs nous faisons pareil sur nos courts de tennis. Ensuite, on les remet en forme avec de l’outillage vraiment très artisanal, des rabots en bois, des règle métalliques. Et puis ensuite on l’arrose, on compacte avec des rouleaux mécaniques. On apporte la brique pilée vraiment qu’à la fin. Donc contraste visuel et en plus, ça permet aux joueurs d’avoir de la glisse et en même temps d’avoir des appuis », détaille-t-il.

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Chaque court de Roland Garros dispose de sa propre réserve de matériel et de terre battue. ©Radio France – Marion FERRERE / Radio France

Les briques pilées sont produites dans l’Oise, 45 tonnes au total sont fournies pour chaque édition. Ce mélange est fabriqué exclusivement pour le tournoi parisien. « Une brique industrielle et une brique artisanale cuite au four qui, elle, est moins cuite et donc elle garde un peu le gras de l’argile. Ça permet d’avoir un matériau qui n’est pas trop sec et qui a vraiment une couleur très particulière », précise Philippe Vaillant qui se rend chaque année, en amont du tournoi, dans les usines de fabrication pour suivre avec assiduité le processus de fabrication. « C’est l’or de Roland-Garros », confirme-t-il en souriant et prenant une poignée de cette « cuvée 2026 » entre ses doigts.

Un protocole millimétré chaque matin

Au total, entre les terrains de compétition et ceux d’entrainement qui jouxtent la porte d’Auteuil, 33 courts sont sous la supervision de Philippe Vaillant et de ses équipes. Le même soin y est apporté. « Les entraînements ne se font pas forcément sur le court du match, donc il faut que le joueur retrouve les mêmes conditions sur le court sur lequel il va aller s’entraîner », assure le spécialiste. Pendant les trois semaines que durent Roland-Garros, qualification et tableau principal compris, deux cent personnes sont mobilisées sur l’entretien de cette terre battue : sur chaque court, une équipe est dédiée « avec un responsable et donc ils sont toujours en bord de court, à regarder ce qui se passe et prêts à intervenir ». Et leurs journées sont bien chargées. « Les équipes prennent place sur les courts à 6h30. C’est assez marrant à regarder. Il y a un protocole qui se met en place : le protocole du balayage, l’évacuation des déchets. On applique du nouveau rouge, on arrose les courts, on met les lignes, on nettoie les bâches, le mobilier. Toutes ces petites mains s’agitent dans tous les sens. Et puis ensuite, le soir, quand tout le monde pense à repartir à la maison, nous on finit de bichonner nos terrains pour les retrouver en pleine forme le lendemain », énumère Philippe Vaillant qui peut compter sur des équipes rodées, devenues elles aussi expertes en gestion de la terre battue.

L'entretien de la terre battue à Roland Garros ouvrir crédits photo
L’entretien de la terre battue à Roland Garros ©AFP – JULIEN DE ROSA / AFP

Pendant le tournoi, un élément extérieur impacte évidemment cet entretien si méticuleux : la météo. Véritable obsession pour les équipes techniques. Car si la pluie oblige à bâcher, manœuvre évidemment épuisante, la chaleur n’est pas un allié. « Parce que ça sèche très vite, donc les matériaux durcissent, le jeu s’accélère », confirme Philippe Vaillant ajoutant que les joueurs doivent tout même conserver « leur confort. « Il faut qu’ils puissent glisser mais avoir des appuis. On n’est pas au Holiday On Ice non plus et je crois que c’est ce qui fait tout le charme de la terre battue également », confie-t-il en riant. La chaleur oblige donc à apporter plus de soin aux arrosages des terrains le matin et le soir, car s’il est possible d’intervenir entre les sets, la manœuvre est quand même restreinte par le rythme du jeu et ne peut durer que quelques minutes. Pour autant ce n’est pas l’entretien de la terre battue qui demande le plus d’eau : cela ne représente que 5% de la consommation totale du tournoi parisien.

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Source:

www.radiofrance.fr

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