Résoudre des affaires anciennes, c’est bien. Mais ce n’est pas tout à fait ce que fait Philippe Jaenada. Ce qui l’intéresse, au fond, c’est la justesse, rendre à chaque accusé sa vérité propre, complexe, irréductible aux jugements ou aux commentaires médiatiques qui l’ont écrasée. La presse des années 50, 60, 70 n’y allait pas de main morte avec les présumés coupables, livrant des informations personnelles, donnant dans un sensationnalisme tapageur et une misogynie qu’on ne regrette pas.
Pour mieux décrire et comprendre ses personnages, Jaenada puise dans les archives et notamment les lettres des accusés et de leurs proches, des documents précieux qui les racontent mieux que les procès-verbaux. On n’y trouve pas de quoi résoudre un mystère mais une vérité du sentiment, de l’émotion qui crée une proximité, une fraternité- sororité peut-être, avec ces personnalités attachantes.
S’il ne juge pas les gens, l’enquêteur Jaenada ne ménage pas le passé. Derrière les individus, ce sont des époques entières que Philippe Jeanada restitue sans fard. Ces Trente Glorieuses, ces années dites insouciantes, étaient dures : dures aux femmes, dures aux pauvres, dures à ceux qui ne rentraient pas dans le rang.

Générique
Une série d’entretiens de Louise Tourret. Chargée de programmes : Daphné Abgrall. Réalisation : Luc-Jean Reynaud. Prise de son : Julien Girard.
Bibliographie sélective
Philippe Jaenada, La Petite Femelle, Julliard, 2015 — sur Pauline Dubuisson
Source:
www.radiofrance.fr


