Ce 28 mai 2026, Damso enflamme La Défense Arena. Une consécration pour le rappeur de 34 ans, qui a traversé des moments plus difficiles, dans sa jeune vie d’adulte.
D’ailleurs, en pleine promotion de son film R•E•M : Épisode 00 et de son ultime album BĒYĀH, le rappeur belge était revenu sur son passé.
C’était dans une interview à Hugo Décrypte. Il y avait évoqué sans filtre l’époque où ses parents l’avaient mis à la rue.
Une fierté qui l’empêche de supplier
En pleine ascension, Damso a accepté de tout perdre. Dans l’interview, il raconte ce moment décisif : « Quand t’as déjà accepté d’être pauvre, il y a des choses qui ne t’atteignent plus. Moi quand j’ai quitté mes parents qui m’ont mis dehors, on était aisés. Je me suis retrouvé dans une situation où finalement je pouvais juste supplier pour retourner à la maison. »
Damso refuse pourtant de supplier. Sa fierté le pousse à rester dans la rue. Il dort dehors avec une chemise Ralph Lauren, symbole ironique de son ancienne vie. « Je ne l’ai pas fait parce que j’aimais vraiment ce que je faisais et affronter cette pauvreté, dormir dehors avec une chemise Ralph Lauren. »
Il croise alors les mêmes personnes qu’avant. Les filles qu’il draguait. Les amis de fêtes. « Tu pues, tu sens pas bon. […] Mais tu pues quoi, en fait tu te laves pas. T’es pas frais. » La honte devient une épreuve qu’il affronte. Cette période à la gare du Midi à Bruxelles forge son regard sur le jugement des autres.
« Quand tu affrontes un peu ce genre de choses, le regard des autres honnêtement, tu comprends que du jour au lendemain c’est rien. » Aujourd’hui, Damso conclut avec sagesse : « Le regard des gens, c’est le regard que vous portez sur vous-même. »
De Kinshasa à la rue bruxelloise
Né le 10 mai 1992 à Kinshasa, William Kalubi Mwamba grandit dans un contexte violent. La famille fuit les pillages et les tirs de kalash. Son père, cardiologue, et sa mère, sociologue, protègent tant bien que mal les enfants. Damso voit un homme se faire tuer sous ses yeux. Il en retire une lucidité froide et une force rare.
À 9 ans, il arrive en Belgique. Après Kraainem, il s’installe à 22 ans dans le quartier Matongé, à Ixelles. Ce quartier africain de Bruxelles devient son refuge et son terrain d’entraînement. Coiffeurs, restaurants, boutiques wax, ambiances congolaises : Matongé pulse au rythme de l’Afrique centrale. C’est là que Damso affine son amour du rap, inspiré par son grand frère et par Bone Thugs-N-Harmony.
Dans ce quartier vibrant mais rude, il observe, il écrit, il prépare son plan. Damso monte méthodiquement sa carrière. Il s’entraîne seul aux interviews. Il calcule même le revenu nécessaire pour vivre sans études. Puis il passe à l’acte : SDF avec 34 centimes en poche.
Du bitume de Matongé aux scènes du monde
Booba repère son talent sur le morceau Poséïdon. La suite s’enchaîne : 92i, Batterie faible, Ipséité, Lithopédion, QALF. Chaque album marque une étape. Damso transforme sa douleur en art brut. Il parle de la rue, de la paternité, de son fils Lior, de l’Afrique oubliée.
Matongé reste le symbole de sa résilience. Ce quartier où il a connu le fond lui a aussi donné l’énergie de remonter. Aujourd’hui, avec BĒYĀH annoncé comme son dernier album, Damso boucle la boucle. Du jeune homme en chemise sale dans les rues de Bruxelles à la tête d’affiche de La Défense Arena, le parcours impressionne.
Damso n’a jamais renié ses origines ni ses galères. Il les a transformées en carburant. Le 28 mai 2026, le public viendra célébrer bien plus qu’un concert : une histoire vraie de renaissance.
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