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En Vendée, les eaux usées sont recyclées avec succès en eau potable grâce à un projet unique en Europe


Publié le 27/05/2026 22:44

Temps de lecture : 3min – vidéo : 4min

L’une des solutions pour trouver de l’eau dans les régions sèches est le recyclage des eaux usées. Mais certaines communes vont encore plus loin, notamment les Sables-d’Olonne, en Vendée, où l’eau de la douche et des toilettes est dépolluée, filtrée, et traitée, jusqu’au robinet de la cuisine. Un projet unique en Europe.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C’est une eau un peu spéciale qu’on boit aux Sables-d’Olonne (Vendée), comme dans une brasserie de bord de mer. « C’est l’eau du robinet. Et, tous les jours, on remplit 30 carafes comme ça », nous explique-t-on. Des carafes avec une eau en partie recyclée, après avoir servi aux douches ou aux chasses d’eau des toilettes. Surprise chez les clients : « Tant qu’il n’y a pas de bactéries, franchement, c’est de l’eau, quoi », estime un jeune garçon. « Je peux en boire, le goût, il ne change pas du tout », assure un autre client. « Je ne pense pas être malade », ajoute un troisième.

Aucun risque de maladie. Aux Sables-d’Olonne, jusqu’ici, ces eaux usées étaient nettoyées en stations d’épuration avant d’être rejetées en mer. Depuis un an, une partie est récupérée et redevient de l’eau potable. À la sortie de la station d’épuration, elle passe dans une usine d’affinage pour être dépolluée, puis une zone végétalisée de filtration pour arriver dans un réservoir naturel, où elle est pompée pour connaître d’ultimes traitements dans une usine d’eau potable. Fin du parcours à votre robinet.

Tout commence donc dans une nouvelle usine ultramoderne équipée de systèmes uniques pour traiter l’eau après la station d’épuration. « Là, vous voyez un peu le cœur du réacteur, ce qu’on appelle le barrel, où l’on va avoir une filtration qui va être à hauteur d’un million de fois plus petit qu’un cheveu. L’eau usée arrive de l’extérieur et va passer en fait toutes ces couches pour avoir une eau propre qui va être au milieu et continuer tout le processus de traitement », explique Denis Guilbert, directeur général du syndicat Vendée Eau.

L’eau va encore être filtrée. Cette fois-ci, naturellement, à l’aide de roches et de végétaux. Coût total du projet : 28 millions d’euros. Mais pas le choix pour la Vendée. D’ici peu, il lui manquera chaque année 8 millions de mètres cubes d’eau, l’équivalent de la consommation de 150 000 personnes. « La Vendée ne possède pas de fleuve, pas de grande nappe. Elle fait face également à un développement touristique, économique, démographique, et puis au changement climatique comme toutes les régions françaises. Et donc, il nous fallait trouver de nouvelles ressources », souligne Jacky Dallet, président du syndicat Vendée Eau.

C’est dans un lac qu’arrive l’eau filtrée, un lieu très fréquenté par les pêcheurs. « Maintenant les gens n’en mangent plus, mais autrefois, les gens les mangeaient », explique à propos des poissons Pierre-Marie Ferré, qui préside l’association locale des pêcheurs « La Gaule du Jaunay ». Le projet les a beaucoup inquiétés. Pourraient-ils toujours consommer des brochets et des sandres de ce lac ? Il a fallu du temps pour lever toutes les inquiétudes. « J’ai assisté à plusieurs réunions, et en fait, on est plutôt satisfait du projet, parce qu’on se rend compte que ça peut améliorer la qualité de l’eau », reconnaît le pêcheur.

Veiller sur cette précieuse ressource, c’est le rôle d’Elisabeth Macé, chargée de mission REUT – Vendée Eau. Chaque mois, elle gère des centaines d’analyses. Tout est passé au crible : résidus de pesticides, de médicaments, de PFAS. Vigilance absolue sur cette eau destinée à la consommation : « Pour l’instant, il n’y a pas d’indicateur de modification substantielle de l’écosystème, en tout cas. Tout va bien. On est content », assure-t-elle.

Un total de 10 ans de travail pour monter ce projet unique en Europe. Il a fallu une autorisation spéciale de l’État, car la loi ne permet pas encore de réutiliser les eaux usées en eau potable pour des raisons sanitaires. Un obstacle à lever pour reproduire l’expérience ailleurs.

Liste non exhaustive.


Source:

www.franceinfo.fr

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