Le coup est dévastateur pour la défense de Nicolas Sarkozy. Mes Vincent Ollivier et Laure Heinich, les avocats de dix-sept familles des victimes de l’attentat, en 1989, du DC-10 d’UTA, ont éreinté l’ancien président de la République au premier jour, mardi 5 mai, des plaidoiries des parties civiles, au procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Mᵉ Ollivier, avec une rage trop longtemps contenue, a été aussi cruel qu’étincelant, offrant une lecture accablante du dossier, après deux mois d’épuisants débats.
« Il y a deux acceptations de la corruption, a attaqué l’avocat. Celle des juristes, et celle des moralistes ou des légistes : ce lent processus de dégradation de la matière ou des valeurs ; un pourrissement. » Les familles des victimes voulaient savoir si « la pourriture avait vraiment existé ou si c’était une invention médiatique ». Elles souhaitaient avoir tort, « elles souhaitaient que Nicolas Sarkozy n’ait pas conspiré pour salir la mémoire de leurs proches ».
Les familles avaient « l’espoir un peu fou, un peu naïf » que le mur du silence autour de l’ancien chef de l’Etat se fissure. Mais les attestations de Claude Guéant, le plus proche collaborateur du président, n’ont été « qu’un coup de semonce pour Nicolas Sarkozy ». A cette exception près, l’audience « n’a été qu’un théâtre d’apparence, davantage destiné à l’opinion publique et à consolider la statue de commandeur de Nicolas Sarkozy qu’à convaincre la cour ».
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Source:
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