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Rabat mise sur le livre pour affirmer son rôle culturel

Rabat ouvre une année clé pour le livre. Désignée Capitale mondiale du livre 2026 par l’UNESCO, la capitale marocaine succède à Rio de Janeiro et installe le Maroc dans la carte internationale des politiques de lecture. L’annonce, formulée en octobre 2024 par l’organisation onusienne, entre dans sa phase active avec un programme lancé autour de la Journée mondiale du livre.

La désignation repose sur la recommandation du Comité consultatif de la Capitale mondiale du livre, rappelle l’UNESCO. L’institution met en avant une chaîne locale structurée : 54 maisons d’édition, un réseau de librairies en croissance et un salon international présenté parmi les plus importants d’Afrique.

Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, résume l’argument central : « Rabat est un carrefour culturel majeur où le livre contribue à la transmission des savoirs et des arts dans toute leur diversité. L’industrie locale du livre joue aussi un rôle crucial dans l’amélioration de l’éducation. »

La reconnaissance ne récompense pas seulement un patrimoine. Elle valide une stratégie où le livre sert d’outil éducatif, de ressource économique et de marqueur diplomatique. L’UNESCO précise que les villes distinguées s’engagent à promouvoir le livre et la lecture auprès de tous les âges et de tous les groupes. Rabat entre dans ce cadre avec un enjeu social : renforcer l’alphabétisation et soutenir l’édition locale.

ActuaLitté avait signalé, lors de l’annonce, que Rabat devenait la 26e ville à recevoir ce titre depuis 2001, après Madrid, Alexandrie, New Delhi, Strasbourg ou Rio de Janeiro. Le même article rappelait la composition du comité consultatif, où siègent notamment les représentants des libraires, des auteurs, des bibliothèques, des éditeurs et de l’UNESCO.

Le SIEL transforme le label en vitrine

Le calendrier renforce la portée de l’opération. À Rabat, l’année Capitale mondiale du livre s’articule avec la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre, organisée du 1er au 10 mai. La SNRT indique que les festivités ont commencé le 24 avril au Théâtre Mohammed V, juste avant l’ouverture du SIEL, créant un enchaînement entre cérémonie culturelle, mobilisation publique et rendez-vous professionnel.

La France occupe la place d’invitée d’honneur de cette édition. Selon l’Institut français du Maroc, le programme français réunit des figures de la scène littéraire et prévoit notamment le Choix Goncourt du Maroc, le Festival du premier roman de Chambéry et un concours de bande dessinée. Cette présence prolonge la séquence ouverte en 2025, lorsque le Maroc occupait la place d’invité d’honneur au Festival du Livre de Paris.

Le SIEL donne au label une traduction immédiate. Les éditeurs, auteurs, traducteurs, libraires, institutions et lecteurs se retrouvent dans une même séquence, sous un intitulé reconnu par l’UNESCO. Rabat relie une politique de lecture à un marché éditorial, à des échanges internationaux et à une image culturelle construite sur la durée.

Le Sud global affirme ses capitales du livre

Le choix marocain confirme aussi un déplacement de regard. Après Accra en 2023, Rio de Janeiro en 2025 et avant Medellín en 2027, la liste récente des capitales mondiales du livre met en visibilité des villes dont les politiques culturelles articulent lecture publique, développement urbain et rayonnement international.

Rabat s’inscrit dans ce mouvement : le livre y sert de levier pour associer alphabétisation, édition, diplomatie culturelle et attractivité métropolitaine. La dimension touristique de cette reconnaissance n’est pas à exclure : Rabat devient en effet une destination de lecteurs, en mentionnant son tissu éditorial, ses librairies et son salon international.

L’angle diffère de celui de l’UNESCO, mais il signale un effet concret du label : la capitale marocaine devient un objet de récit pour des médias qui ne couvrent pas seulement l’industrie du livre.

Pour le secteur, l’enjeu se situe désormais dans l’exécution. Le titre d’une année ne suffit pas à modifier durablement les pratiques de lecture. Sa portée dépendra des publics touchés, de l’accès réel aux livres, de la continuité des actions d’alphabétisation et de la capacité du SIEL à transformer cette visibilité en coopérations pérennes.

Crédits photo : Getty images

Par DépêcheContact : depeche@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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