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Travail le 1er-Mai : "Il y a quand même un projet de loi, tout est là, donc est-ce que ça mérite une verbalisation ?", interroge Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française

La veille du 1er-Mai, Dominique Anract, invité de « La Matinale », revient sur l’interdiction des boulangers-pâtissiers de faire travailler leurs salariés ce jour férié. Rappelant qu’un projet de loi a été lancé par le gouvernement, il demande à l’inspection du travail « une clémence de pouvoir nous laisser travailler, alors que les choses sont en cours. »

Quelle sera la situation pour les boulangers-pâtissiers le 1er-Mai ? Pourront-ils ouvrir ou pas, et le feront-ils, d’ailleurs ? Pour en parler, Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, est l’invité de « La Matinale », jeudi 30 avril.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Jean-Baptiste Marteau : Ça a été un débat de haut vol ces dernières semaines, notamment au sein du gouvernement. Faut-il ou pas refaire une loi pour permettre aux boulangers d’ouvrir pour ce 1er-Mai ? C’est vrai que jusque-là, vous étiez dans un flou le plus total, certains ouvraient, d’autres non. Comment ça se passait ? Quelles consignes donniez-vous à vos adhérents ?

Dominique Anract : Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant, il n’y avait pas de sujet. Depuis 100 ans, on a toujours ouvert. C’est-à-dire que même pour les consommateurs, pour tout le monde, les boulangers ouvraient, les salariés travaillaient, parce qu’on faisait partie des métiers essentiels. C’est-à-dire qu’on allait chercher le pain, même le 1er-Mai.

Comment expliquez-vous que ce soit devenu un sujet hautement inflammable politiquement ces dernières années ?

C’est l’interprétation de la loi qui dit que, si vous voulez travailler, il faut qu’on puisse arrêter ce commerce. Et à la suite d’un contrôle qui s’est passé en Vendée, où six boulangers ont été interpellés et sont passés au tribunal, c’est là où, en fait, il a fallu prendre une décision en disant : est-ce qu’on a le droit ou pas. Effectivement, là, on a été obligés de bouger pour faire légaliser cette journée. On ne pouvait pas parler de flou, mais il y avait quand même une zone un peu grise, là-dessus.

En tout cas, ça reste le grand flou malgré tout, puisque le gouvernement a annoncé qu’il y aura un projet de loi qui va être déposé bientôt. Évidemment, il n’est pas encore voté pour ce 1er-Mai 2026, mais a priori, il sera rétroactif. Les boulangers peuvent-ils ouvrir sans aucun risque d’amende ou pas ?

Moi je dis non, parce que le rétroactif, ça, je ne suis pas sûr, il faudrait vérifier. Mais il y a quand même un projet de loi qui est tombé, ça signifie que le gouvernement a tranché, et ça, c’était quand même important, parce qu’en fait c’était quelque chose d’incroyable. Le Sénat était pour, l’Assemblée était pour, le gouvernement pour, les boulangers, les salariés, et aussi les consommateurs. Et en fait, rien ne se faisait. Donc il fallait trancher. Alors aujourd’hui, c’est vrai que ce projet de loi est déposé, mais il faudra que ça soit adopté. Donc entre les deux, évidemment, il y a une demande du gouvernement d’être assez conciliant sur le fait, en fait, quelque part, de ne pas sanctionner des gens qui travaillent.

C’est-à-dire que, c’est ce qu’on comprend aussi de la part du gouvernement : demain on demande aux inspecteurs du travail, de ne pas contrôler, de laisser travailler, notamment, les artisans boulangers ?

Je dirais que c’est une demande amiable, puisque vous savez, les inspecteurs du travail sont complètement indépendants, c’est ce qui fait aussi notre démocratie. C’est le fait, comme en parlait le ministre Farandou, d’une intelligence collective. C’est-à-dire qu’à un moment donné, il y a quand même un projet de loi, tout est là, donc est-ce que ça mérite une verbalisation ?

Vous pensez que ça sera le cas ?

J’espère, je suis optimiste.

Vous êtes optimiste, mais encore une fois, il y aura peut-être des cas ici ou là où certains vont faire du zèle ?

On ne peut pas les empêcher évidemment d’interpréter comme ils le font, mais nous aussi, les boulangers et aussi les salariés qui, à 80 %, veulent travailler chez nous ces jours fériés. Et c’est aussi, il ne faut pas oublier, dans les conventions collectives quand même, qui ont été signées en 1978. Donc là, effectivement, on demande quand même aussi une clémence de pouvoir nous laisser travailler, alors que les choses sont en cours.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

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