Le gouvernement prévoit de faire le point avec les compagnies aériennes le 6 mai concernant l’approvisionnement des aéroports français en kérosène, a déclaré le ministère des transports, mercredi 29 avril.
Le ministère a confirmé à l’Agence France-Presse, après des informations de BFM-TV, la date de cette réunion qui avait été annoncée mardi par le ministre de l’économie, Roland Lescure. Il évoquait alors, avec son collègue des transports, Philippe Tabarot, le besoin de « faire le point sur la préparation de l’été », la haute saison pour le transport aérien.
L’impossibilité d’importer du pétrole et du carburant d’aviation depuis les pays du Golfe, depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, a alimenté les spéculations sur une pénurie de kérosène. L’Europe a tâché d’augmenter ses importations depuis l’Amérique du Nord, et fait fonctionner à plein régime ses raffineries, sans que cela comble les volumes qui transitent en temps normal par le détroit d’Ormuz, à savoir 20 % du kérosène.
Difficultés inégales selon les aéroports
M. Lescure, interrogé au Sénat mercredi, s’est voulu rassurant. « J’avais eu l’occasion de dire fin mars que nous n’aurions aucun d’enjeu d’approvisionnement au mois d’avril : ça a été le cas. Je suis en mesure de vous dire aujourd’hui que pour le mois de mai nous ne sommes pas non plus inquiets », a-t-il détaillé.
« On a des stocks stratégiques. Aujourd’hui, on n’y a pas touché du tout en ce qui concerne le kérosène : moins de 2 millions de barils dans l’ensemble, sur près de 100 millions de barils », a-t-il poursuivi. La réunion du 6 mai doit évoquer, a annoncé le ministre, « les volumes, les prix, les politiques d’annulation, le respect et la protection des consommateurs ».
« Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique », estimait vendredi Patrick Pouyanné, le PDG d’un des grands fournisseurs de kérosène en Europe, TotalEnergies.
Les difficultés d’approvisionnement devraient toucher de manière inégale les aéroports. « Nous sommes, par rapport à d’autres, plutôt dans une meilleure situation », expliquait mercredi Christelle de Robillard, la directrice de la stratégie de Groupe ADP, gestionnaire des deux grands aéroports de Paris, Roissy et Orly, qui sont reliés aux raffineries de la région du Havre par un oléoduc. Des aéroports plus petits et plus éloignés des terminaux pétroliers risquent de connaître plus de difficultés.
Le 21 avril, l’Union européenne déclarait réfléchir à plusieurs pistes face à la crise, en étant par exemple plus souple sur la non-utilisation des créneaux aéroportuaires, ou sur les volumes de kérosène obligatoirement achetés sur place pour décoller d’un aéroport européen.
Mardi sur la chaîne américaine CNBC, le directeur général de la compagnie irlandaise Ryanair, Michael O’Leary, avait estimé que les compagnies européennes allaient davantage souffrir des prix élevés du kérosène que d’éventuelles pénuries.
« La vaste majorité du kérosène en Europe vient d’Amérique, de Norvège et d’Afrique de l’Ouest. Il n’y a pas de perturbations sur ces approvisionnements (…). Il est de plus en plus improbable qu’il y ait des ruptures de stock tant que rien n’entrave les flux depuis l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique et la Norvège vers l’Europe », a-t-il expliqué.
Source:
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