La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a arboré une broche représentant son pays et incluant l’Essequibo, un territoire de 160.000 km² riche en pétrole administré par le Guyana mais dont les frontières sont au coeur d’un différend avec Caracas.
Le président du Guyana Irfaan Ali s’est plaint mardi de la broche portée par la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez lors de deux visites officielles dans les Caraïbes, représentant la carte de son pays incluant l’Essequibo, une région disputée entre les deux pays.
Ce territoire de 160.000 km² riche en pétrole est administré par le Guyana depuis plus d’un siècle mais se trouve au coeur d’un différend avec le Venezuela, les deux pays s’opposant sur le tracé de leur frontière commune. Les appels répétés du président déchu Nicolas Maduro en faveur d’une annexion de l’Essequibo ont fait craindre un conflit armé.
Ancienne vice-présidente, Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro après sa capture par l’armée américaine le 3 janvier, était notamment responsable du dossier de l’Essequibo devant la Cour internationale de justice (CIJ). Lors de ses deux visites officielles à l’étranger ce mois-ci, d’abord sur l’île de la Grenade puis à la Barbade, Delcy Rodriguez a arboré une broche dorée représentant une carte du Venezuela incluant l’Essequibo.
« Exhibition ostentatoire de symboles »
Guyana Irfaan Ali a jugé « profondément regrettable » que, lors de ces rencontres, on ait pu voir « l’exhibition ostentatoire de symboles » affirmant la revendication territoriale du Venezuela sur cette zone litigieuse.
Dans une lettre envoyée à la Communauté des Caraïbes (Caricom), le président guyanien estime que le Venezuela voisin ne peut pas prétendre normaliser, au moyen de symboles, de cartes, de législation, de nominations ou d’exhibitions officielles, une question qui reste à résoudre.
« L’utilisation des réunions de la CARICOM pour projeter ou promouvoir une revendication territoriale contre un État membre risque d’être interprétée comme un consentement ou une tolérance. Aucun acte, qu’il soit délibéré ou involontaire, ne doit donner l’impression que les plateformes de la Communauté peuvent être utilisées pour faire avancer des revendications actuellement soumises à la Cour internationale de Justice », a-t-il ajouté.
Le gouvernement Maduro avait relancé des revendications territoriales à partir de 2019. En 2023, il a organisé un référendum sur la création d’un nouvel État faisant partie du Venezuela, puis il a choisi en 2025 un gouverneur et des députés pour cette zone, sur laquelle Caracas n’exerce aucun pouvoir. Le président du Guyana a déclaré début février que le renversement de Maduro « n’élimine ni ne réduit » ce qu’il considère comme une menace de Caracas sur l’Essequibo.
Source:
www.bfmtv.com

