Dans le petit monde des séries circule une rumeur, celle qui veut que Netflix ne croyait pas du tout au succès de Mon petit renne (Baby Reindeer) quand la plateforme a mis en ligne la série en avril 2024. « Aujourd’hui, je suis toujours incapable de l’expliquer, s’étonne encore Richard Gadd. Peut-être parce que ça ne ressemblait à rien d’autre ? En tout cas, je reçois encore des messages tous les jours sur le sujet. » Ce projet détonnant, inspiré de deux expériences traumatiques – le harcèlement qu’il a subi de la part d’une femme et le viol dont il a été victime de la part d’un producteur –, a pourtant contribué à faire émerger un #MeToo des hommes, et propulsé, par la même occasion, le trentenaire écossais dans la liste des créateurs à suivre. Deux ans plus tard, sa nouvelle série, Half Man, vient d’être mise en ligne sur HBO Max, et a été présentée en ouverture du festival Canneseries, qui se tient jusqu’au mardi 28 avril sur la Croisette.
L’acteur y a débarqué coiffé d’une version à peine atténuée de la coupe au bol que celle qu’arbore son personnage, Ruben, dans Half Man, comme un souvenir de la longue et rigoureuse préparation physique à laquelle il s’est astreint pour incarner cet homme dévoré par la rage et le ressentiment, incapable d’aimer sans détruire ni de se défaire du lien toxique qu’il entretient avec celui qu’il désigne comme son frère, Niall. Au cœur de la série, une haine de soi mortifère très proche de celle ressentie par Donny dans Mon petit renne. Pourtant, Half Man est un projet antérieur et, surtout, il s’agit d’une pure fiction.
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Source:
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