« Catastrophe ? Nul ne le sait encore. » Le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, à 100 kilomètres au nord de Kiev (Ukraine), explose le samedi 26 avril 1986 à 1 h 23 du matin, mais l’événement n’est rendu public par les autorités soviétiques que deux jours plus tard, le lundi soir, et les informations arrivent au compte-gouttes. Alors dans son édition datée du mercredi 30 avril, la première à évoquer les faits, Le Monde y va avec des pincettes.
« L’accident de la centrale nucléaire soviétique a fait plusieurs victimes », titre le journal en une, au-dessus d’un court texte qui reprend le communiqué minimaliste de Moscou : un réacteur « a été endommagé », « des mesures ont été prises pour pallier les conséquences », « des soins ont été donnés aux victimes ». Ni leur nombre ni leur sort ne sont précisés.
L’heure n’est pas encore à l’affolement. Le journaliste Jean-François Augereau s’interroge : « A-t-on frôlé le fameux “syndrome chinois” porté à l’écran par les Américains [une référence à un film de 1979, où un accident nucléaire risquait de trouer la planète du continent américain jusqu’en Chine], ou seulement connu un incident sans trop de conséquences sur l’environnement ? »
Il vous reste 79.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr


