
Face au succès de Starlink, d’autres acteurs souhaitent se tailler une part du gâteau. Et pourquoi pas des acteurs français? La société Univity, fondée en 2018 sous le nom de Constellation Technologies, a ainsi annoncé une levée de fonds de 27 millions d’euros pour financer le déploiement de sa constellation de satellites en orbite basse.
Ce financement vient d’ajouter à une première levée de 9,3 millions d’euros en 2024, mais aussi à un contrat de 31 millions d’euros passé avec le CNES dans le cadre du projet France 2030 afin de participer au déploiement de la constellation satellitaire.
Viser l’orbite basse
La société a pour l’instant déployé une première charge utile dans l’espace dans le cadre d’une preuve de concept. La start-up souhaite mettre à profit ces financements pour rapidement déployer ses deux premiers satellites en orbite basse afin de démontrer la viabilité de son approche technologique et récolter de nouveaux financements.
A terme, le projet de constellation d’Univity vise à mettre en orbite entre 1800 et 3750 satellites en orbite basse, à 375 km d’altitude. Et la société espère pouvoir commencer le déploiement de sa constellation à partir de 2028.
Ce choix d’orbite permettra aux satellites d’offrir de la connectivité en 5G aux futurs clients, une proposition qui retient l’intérêt des opérateurs telecom. A titre de comparaison, les satellites de la constellation Starlink évoluent eux à un peu plus de 550 km d’altitude. Starlink propose déjà ce type de solutions, et Eutelsat confiait à l’occasion du MWC travailler sur le sujet.
Mais une orbite basse présente également des défis technologiques importants : comme l’expliquait Xavier Deplancq, chef de projet France 2030 au CNES, à cette altitude « il reste des résidus d’atmosphère qui peuvent faire chuter le satellite et mettent ses revêtements à rude épreuve. » Le soutien financier du CNES vise donc également à collecter des informations sur l’aspect pratique de la mise en orbite de satellites sur ces basses altitudes.
Nouveau front de souveraineté
De plus en plus de projets espèrent s’appuyer sur la très haute altitude, après le succès d’initiatives comme Starlink. Mais le secteur a également connu des échecs, comme les difficultés rencontrées par le projet OneWeb. Les nouveaux acteurs espèrent pouvoir se tailler une place en proposant des alternatives aux solutions américaines de connectivité satellitaire déjà disponibles : outre Starlink, des acteurs comme Amazon se positionnent sur ce secteur. Ce marché, estimé aujourd’hui à un peu moins de dix milliards de dollars, pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici 2030 selon les analystes.
Le sujet est aussi un enjeu de souveraineté pour les gouvernements : lors d’événements graves comme les catastrophes naturelles, les solutions de connectivité satellitaires sont souvent les seules à pouvoir fonctionner malgré les défaillances des infrastructures classiques. C’est notamment ce qui a poussé le gouvernement à avoir recours aux solutions américaines de Starlink après le passage de l’ouragan Chido à Mayotte en début d’année 2025. Mais dans un contexte de défiance grandissante entre l’Europe et les États Unis, le développement d’alternatives européennes est devenu un facteur essentiel.
Source:
www.zdnet.fr


