Le Maine va-t-il devenir le premier Etat américain à adopter un moratoire suspendant l’implantation de nouveaux data centers ? « Le texte législatif est sur ma table, je vais l’examiner », a expliqué vendredi 17 avril la gouverneure démocrate, Janet Mills, qui hésite à l’approuver, rapporte NBC. Au moins 11 autres Etats envisagent de voter de telles lois locales imposant une « pause » dans le développement de ces infrastructures vitales pour l’intelligence artificielle (IA). D’autres textes viseraient eux à plafonner les consommations en électricité et en eau de ces data centers, ou de leur retirer des incitations fiscales. Au niveau fédéral, deux figures de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, ont proposé une loi qui instaurerait un moratoire national.
Ces initiatives sont des signaux : l’IA fait face à une fronde croissante d’une partie de la population. Aux Etats-Unis, New Brunswick, une petite ville proche de New York, a connu un écho médiatique en refusant l’implantation d’un data center à la suite d’une mobilisation citoyenne. La chaîne NBC News évoque, le 10 mars, un sondage selon lequel 57 % des Américains sondés estiment les risques de l’IA supérieurs à ses bénéfices, contre 34 % pensant l’inverse. 26 % auraient une image positive de cette technologie et 46 % une image négative.
Fait notable dans une Amérique polarisée, la grogne ou la révolte contre l’IA et les data centers semblent être assez bipartisanes. Pour tenter de calmer les craintes de certains Américains face à l’augmentation de leurs factures d’électricité, en raison de la demande croissante des centres de données, Donald Trump a fait signer le 10 mars aux acteurs de l’IA une série d’engagements visant à compenser les effets de leur implantation.
Remise en cause du modèle transhumaniste
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Source:
www.lemonde.fr


