En France, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé lundi 20 avril vouloir mettre fin à l’exonération des droits d’inscription pour les étudiants internationaux extracommunautaires. Alors que des tarifs différenciés, plus élevés pour les étrangers que pour les Français, existent depuis 2018, ils ne sont que rarement appliqués dans les universités. La mesure annoncée par le gouvernement est controversée. D’après les syndicats étudiants, elle risque de précariser davantage les étrangers.
Publié le : 22/04/2026 – 10:46
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La mesure avait déjà été mise en place il y a huit ans, s’attirant les foudres des syndicats étudiants mais aussi des présidents d’université. En réponse, les établissements du supérieur s’étaient dotés de procédures d’exonérations, utilisées massivement.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, veut désormais inverser la tendance. « Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis », a-t-il expliqué dans les colonnes du Parisien, en dévoilant les contours d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education » – traduire : « Choisir la France pour vos études supérieures ». « Nous revenons aux principes fondamentaux et à la loi qui a été un peu contournée ces dernières années. La règle, ce sont les droits différenciés, et l’exception c’est l’exonération. »
Près de 3 000 euros pour s’inscrire en licence
Les étudiants étrangers hors Union européenne devront débourser 2 895 euros pour s’inscrire en licence et 3 941 euros pour s’inscrire en master. « C’est seulement 30% du coût de la formation », a insisté Philippe Baptiste, soulignant que ces frais restent très inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres grandes destinations universitaires, comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.
Des mécanismes de compensation resteront toutefois en place. L’objectif est de faire payer 90% des étudiants étrangers, seuls 10% pourraient avoir une bourse d’étude, en fonction de la filière.
Colère des organisations étudiantes
Ces annonces ont immédiatement suscité la colère des organisations étudiantes. « On instaure une sélection dans des filières qui sont estimées comme utiles au marché des filières de sciences, des filières numériques, d’intelligence artificielle. C’est un peu ce qui est dit. Le reste des filières ne serait pas des filières prioritaires. Donc, ces étudiants-là ne pourraient pas bénéficier d’exonérations », estime Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef.
Le syndicat étudiant alerte également sur les risques de précarisation liés à cette mesure : « Je rappelle qu’il y a quelques mois, on a supprimé les APL pour les étudiants étrangers. Il y a plus de 300 000 étudiants qui vont perdre leur APL, qui était la seule aide sociale accessible pour ces étudiants-là. Et donc maintenant, on les force à payer des milliers d’euros pour entrer à l’université publique ».
« La mesure va se mettre progressivement en place et ne concernera pas les étudiants en cours de cycle », a assuré le ministre de l’Enseignement supérieur. À terme, d’ici deux à trois ans, elle pourrait rapporter selon lui environ 250 millions d’euros par an aux universités.
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Source:
www.rfi.fr

