Orange, Free et Bouygues Telecom repassent à l’offensive pour s’emparer de l’essentiel des actifs de SFR. En octobre 2025, ils mettaient sur la table 17 milliards d’euros. Pas assez rétorquait son propriétaire Patrick Drahi.
Plusieurs mois plus tard, les trois opérateurs sont de retour à la table des discussions avec une offre de 20,35 milliards d’euros. Assez pour justifier l’ouverture par Altice France de négociations exclusives jusqu’au 15 mai 2026.
Le B2B et le réseau en zone non dense pour Bouygues
Les négociations ont été officialisées par un communiqué de presse conjoint le 17 avril. Qualifiée d’opération “socialement responsable” par Orange, elle porte “sur l’acquisition de la plupart des actifs d’Altice France – SFR”.
Sont en revanche exclues “les participations dans les sociétés ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer.”
L’offre repose sur une répartition des actifs entre les trois candidats au rachat. Bouygues Telecom se porte acquéreur de l’activité et de la clientèle B2B de SFR. En ce qui concerne le B2C, les particuliers donc, il serait partagé entre les trois opérateurs.
31% et 27% du prix payés par Free et Orange
Il en irait de même des autres actifs et ressources, dont les infrastructures et les fréquences. Une exception cependant puisque Bouygues Telecom hériterait intégralement du réseau mobile de SFR en zone non dense.
Selon les termes de la proposition actuellement étudiée par Altice France, c’est d’ailleurs la filiale télécoms du groupe Bouygues qui contribuerait le plus, à hauteur de 42% du prix. Free et Orange se partageraient quant à eux respectivement 31% et 27%.
“Il n’y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée”, précise toutefois le communiqué. Différentes étapes restent à franchir. Tout d’abord, les trois opérateurs doivent convaincre les dirigeants et actionnaires de SFR.
Des conditions imposées par l’Autorité de la concurrence ?
Surtout, ils devront obtenir l’aval des autorités de la concurrence. Le rachat signerait, après des années, le retour à trois opérateurs sur le marché français. Les candidats au rachat devront par conséquent obtenir “des autorisations réglementaires (…) notamment au titre du contrôle des concentrations.”
En février, des informations de presse suggéraient déjà une relance des négociations en avril. Était alors avancée l’hypothèse d’un prix de 20 milliards d’euros. Deux mois plus tard, ce scénario se confirme donc. Quant aux discussions avec l’Autorité de la concurrence, elles auraient déjà été entamées, de manière informelle.
Le gendarme français de la concurrence pourrait donner son accord, mais l’assortir de conditions, notamment concernant les tarifs. Le régulateur souhaiterait également prévenir une casse sociale en imposant des mesures de protection, dont un moratoire de deux à trois ans sur les licenciements.
Source:
www.zdnet.fr


