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Epargnée par les feux de Los Angeles, la maison Eames, une utopie sur la côte Pacifique

L’arbre calciné est encore là, à l’entrée de l’impasse. Des braises portées par un vent violent l’ont consumé, début janvier 2025. Plus haut sur la colline, en montant sur Chautauqua Boulevard, la scène était apocalyptique. Ciel noir traversé de rouge et de jaune, silhouettes de maisons s’effondrant, hurlements des sirènes, vrombissements des camions de pompiers et des voitures fuyant la zone… l’éden qu’était le quartier de Pacific Palisades, à Los Angeles, juché entre l’océan et les canyons, est devenu un enfer.

La menace planait depuis quelques jours : le feu, porté par les rafales d’un vent sec et brûlant, dévorait la métropole. Comme tous ses habitants, Eames Demetrios était rongé par l’angoisse. Le petit-fils des designers Charles et Ray Eames, parmi les plus grands noms de leur discipline, a établi une liste des objets à sauver dans la maison du couple, laissée telle quelle depuis la mort de la designer, en 1988 – son grand-père étant mort dix ans plus tôt : un vase, un prototype de chaise, une sculpture ramenée d’Inde, une pièce textile… Celui qui défend ardemment l’héritage familial a dû décider ce qui, en cas de destruction totale, incarnerait au mieux leur esprit.

Avec son épouse, Eames Demetrios, fils de la designer Lucia Eames (fille de Charles Eames) et du sculpteur Aristides Demetrios (qui lui ont donné le prénom Eames, pour que le prestigieux patronyme ne se perde pas), 64 ans, a quitté son domicile de Santa Monica, à quelques kilomètres, et fait un premier voyage, négociant avec les policiers pour passer les barrages afin de récupérer une partie des objets, puis un second, quelques jours plus tard.

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Source:

www.lemonde.fr

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