AccueilTechnologieIA militaire :...

IA militaire : les États-Unis rouvrent la porte à Anthropic et courtisent Google

La politique américaine en matière d’intelligence artificielle connaît un tournant majeur. En ligne de mire, le nouveau modèle « Claude Mythos » développé par Anthropic, dont l’apparition récente a provoqué une onde de choc au sein des institutions.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, le Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche travaille désormais à réautoriser l’usage de ce modèle au sein des agences fédérales. Une série de mails a été adressée à plusieurs ministères clés (Défense, Trésor, Commerce, Sécurité intérieure, Justice et Affaires étrangères) pour préparer le terrain.

Aucune date précise n’a été avancée, mais l’objectif est de définir un cadre réglementaire et sécuritaire avant toute réintégration. Le modèle Mythos, réputé pour ses capacités en détection de failles de sécurité, avait été volontairement restreint à un cercle d’acteurs privés triés sur le volet en raison de sa puissance.

Anthropic : une suspension remise en question

Initialement, l’administration américaine avait suspendu l’usage des technologies développées par Anthropic, dans le sillage de directives présidentielles strictes. Mais face aux enjeux stratégiques et sécuritaires, certains départements, dont le Trésor, auraient engagé des discussions pour retrouver un accès au modèle.

Ce rétropédalage illustre un changement de doctrine : l’IA de pointe n’est plus seulement un sujet de régulation, mais un levier de souveraineté technologique.

Google en embuscade sur les contrats militaires

Dans ce contexte mouvant, Google accélère ses initiatives. Le géant californien serait en négociation avec le Département de la Défense pour déployer son modèle Gemini dans des opérations sensibles, y compris classifiées.

Selon The Information, ces discussions portent sur des usages militaires et de renseignement. Google aurait toutefois posé une condition : interdire l’utilisation de l’IA dans des systèmes d’armement létaux autonomes sans supervision humaine.

Une exigence déjà formulée auparavant par Anthropic et qui lui avait valu d’être écarté des contrats publics. Cependant, la situation a évolué depuis, OpenAI ayant signé un accord avec le Pentagone incluant des garde-fous similaires, Google bénéficie désormais d’un terrain de négociation plus favorable.

Si les discussions aboutissent, le Département de la Défense pourrait utiliser simultanément plusieurs modèles d’IA, dont ChatGPT et Gemini, pour des missions classifiées.

 Un retour assumé dans la défense ?

Ce repositionnement tranche avec l’histoire récente de Google. En 2018, l’entreprise s’était retirée du projet Project Maven, dédié à l’analyse d’images de drones, sous la pression de ses employés.

Mais depuis cette période, la stratégie a changé. En février dernier, Google a discrètement supprimé de ses principes une clause interdisant l’usage de l’IA à des fins militaires ou de surveillance. L’entreprise ambitionne désormais de renforcer sa présence dans le secteur public via son entité dédiée, Google Public, avec un objectif de plusieurs milliards de dollars de contrats d’ici 2027.

Elle a déjà intégré ses technologies dans « GenAI.mil », une plateforme d’IA non classifiée du Pentagone.

L’IA va se généraliser dans les opérations sensibles

Côté militaire, le ton est donné. Le directeur technologique du Département de la Défense a confirmé une montée en puissance progressive de ces outils, y compris pour des opérations classifiées et top secret.

Ce virage stratégique souligne une réalité : dans la compétition mondiale, l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un pilier central des capacités étatiques.


Source:

www.zdnet.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories