
Publié le 15/04/2026 14:57
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Est-ce vraiment la fin des fameuses ZFE ? Ces zones à faibles émissions décidées en 2019 pour limiter les voitures polluantes dans les grandes villes. Hier, mardi 14 avril, les députés ont voté pour l’abandon pur et simple de la mesure. Certains la jugeaient discriminatoire pour les automobilistes les plus modestes. Les médecins, eux, dénoncent un recul pour la santé publique. Réactions ce matin à Lyon, dans le Rhône, avec nos correspondants.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Entrée en vigueur à Lyon (Rhône) en 2023, changement de cap pour la ZFE, zone à faibles émissions. Progressivement, elle avait exclu les voitures les plus polluantes en critères 5, 4 puis 3. Mais désormais, les ZFE pourraient être supprimées. Comme lors de sa mise en place, sa suspension aujourd’hui divise tout autant les automobilistes rencontrés ce matin : « Ça va augmenter la pollution, mais le problème de la pollution n’est pas uniquement au niveau de la voiture », pointe un automobiliste. Une jeune femme abonde : « Le problème que je voyais là-dedans, c’est que ça incitait les gens à changer de voiture, ce qui est un peu problématique parce que, finalement, c’est encore plus polluant de devoir racheter une voiture. » Mais un autre n’est pas de cet avis : « On ne peut pas essayer de faire changer les choses en faisant des petits pas en arrière. »
Dans sa voiture diesel de 2010, Farid, lui, continuait de rouler dans l’illégalité. Pas d’autre choix, selon ce Lyonnais qui se dit soulagé : « Ceux qui ont les moyens, c’est bien, mais ceux qui n’ont pas trop les moyens, c’est un peu plus difficile pour eux, de les exclure de la société comme ça. Je pense que tout le monde a le droit, toute la ville doit être partagée avec tout le monde. »
En 2028, les véhicules diesel en critère 2 devaient à leur tour être ciblés, comme le 4×4 d’un paysagiste. La fin des ZFE, pour lui, est donc une bonne nouvelle : « En tant que professionnels, on fait comment pour travailler ? Il y a des zones, à l’heure actuelle, où on a des chantiers, on ne peut plus y aller. Parce qu’on n’a pas de véhicule adapté, ou on ne peut pas tout simplement se garer », pointe-t-il.
À la métropole, la nouvelle présidence de droite se félicite aussi de cette décision. À l’époque, c’est la majorité écologiste qui avait mis en place le dispositif pour cause de dépassement régulier des normes de pollution de l’air. Et ce recul inquiète certains habitants : « C’est important pour moi de savoir que, quand je fais du vélo, je ne respire pas de l’air trop pollué. Notre avenir, c’est ça, c’est de préserver l’air, autrement on en sera tous malades », soulève une cycliste.
Adoptée dans la soirée de mardi par l’Assemblée nationale, la loi de suspension des ZFE doit encore passer au Sénat aujourd’hui. Le gouvernement envisage déjà un recours devant le Conseil constitutionnel.
Source:
www.franceinfo.fr

