C’est une exposition singulière pour plusieurs raisons : parce qu’elle annonce un enrichissement substantiel des collections africaines du Musée des Confluences, à Lyon, parce qu’elle est le fait d’un couple de collectionneurs à l’histoire remarquable et parce qu’elle porte sur des objets qui, longtemps, en dépit de leur splendeur, n’ont que fort peu intéressé musées et amateurs. La raison étant qu’ils sont récents et que cela se voit.
Ce sont les masques, marionnettes et instruments destinés aux danses des peuples bozo, somono, marka et bamanan qui vivent au Mali, le long du fleuve Niger, dans la région dont Ségou est la capitale. Il y en a plus d’une centaine dans la donation de Sonia et Albert Loeb, décidée en 2024. Albert Loeb est le fils de Pierre Loeb, galeriste principal des surréalistes dans l’entre-deux-guerres, connu particulièrement pour avoir été l’ami, le défenseur et le marchand de Joan Miro, de Wifredo Lam et d’Antonin Artaud.
« En 2001, raconte Sonia Loeb, nous avons vu et acheté nos premières pièces dans la galerie de Pierre Robin, à Paris, parce qu’elles nous avaient émerveillés. Mais nous nous sommes rendu compte très vite que nous ne savions à peu près rien sur elles. Nous avons donc décidé d’aller sur place l’année suivante. » Ce voyage a été suivi de nombreux autres, deux ou trois fois par an, pendant une quinzaine d’années. « Nous nous sommes attachés au pays, au fleuve, où nous avons souvent navigué, et à celles et ceux qui sont devenus des amis. » Les Loeb créent alors une association pour financer l’enseignement et les soins là où le système public est déficient.
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Source:
www.lemonde.fr


