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Elections en Hongrie : « Une fois le champagne sabré, les dirigeants européens devront réévaluer leurs attentes vis-à-vis du nouveau gouvernement »

Les Européens peuvent se réjouir de la victoire de Péter Magyar en Hongrie. Cette élection a des implications concrètes évidentes pour l’Europe et devrait permettre aux 27 Etats membres de s’entendre plus facilement sur des questions-clés de politique étrangère, allant du soutien financier à Kiev à la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne (UE), en passant par les sanctions contre la Russie. Autant de points sur lesquels Viktor Orban s’était distingué par un obstructionnisme notoire.

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Le résultat du scrutin du 12 avril est un symbole fort : la droite populiste eurosceptique peut être stoppée, et des années d’illibéralisme ne peuvent pas anéantir la démocratie dans un Etat membre de l’UE. Cette élection marque un tournant dans la guerre culturelle menée par Donald Trump en Europe et prive le président américain de son principal bastion politique au sein de l’Union.

Mais, une fois le champagne sabré, les dirigeants de Bruxelles, Paris, Berlin, Varsovie et d’autres capitales européennes devront réévaluer avec prudence leurs attentes vis-à-vis du nouveau gouvernement hongrois. Le caractère véritablement européen de ces élections n’est même pas évident du point de vue des électeurs hongrois. Le sondage réalisé par le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) a révélé que seuls 10 % des électeurs de Tisza [formation de Péter Magyar, « respect et liberté »] considéraient les « relations avec l’UE » comme le problème le plus important auquel leur pays était confronté. Si Orban et son parti, le Fidesz, ont perdu les élections, c’est surtout à cause du bilan désastreux de leurs politiques économiques, ainsi que de la mainmise généralisée de l’Etat et de la corruption qui ont caractérisé leurs seize années au pouvoir.

Adhésion à la zone euro

Pourtant, le nouveau gouvernement aura pour mission de recentrer la politique étrangère du pays sur l’Europe. D’après notre sondage, la plupart des Hongrois ne considèrent pas l’UE comme un ennemi, contrairement à ce qu’Orban a passé une grande partie de son mandat de premier ministre à défendre. Début 2026, les trois quarts des Hongrois faisaient confiance à l’UE, par-delà les clivages politiques : 95 % des électeurs de Tisza et les deux tiers des partisans du Fidesz expriment au moins une certaine confiance envers l’UE. Fait révélateur, les Hongrois font davantage confiance à l’UE qu’à n’importe quel dirigeant politique hongrois, ainsi qu’aux médias et au système judiciaire de leur pays.

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Source:

www.lemonde.fr

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