Une odeur de bois et de sucre chaud embaume la grange. C’est ici, à Saint-Urbain-Premier, un village agricole situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Montréal, que Jean-François Touchette fabrique l’« or blond » qu’il tire de son exploitation d’érables. Au centre de la « cabane à sucre », une imposante machine à vapeur chauffe et concentre l’eau d’érable, extraite de l’arbre, afin de la transformer en sirop. A son extrémité, le liquide ambré s’écoule lentement d’un robinet.
Comme les 10 000 autres producteurs acéricoles du Québec, le propriétaire de l’érablière 3e Bois connaît un début d’année difficile. Le mois de mars a été décevant et le printemps tarde à se manifester. « Deux degrés de plus auraient fait toute la différence », soupire-t-il.
En raison de températures trop basses, les érables peinent à libérer leur sève. Pour y parvenir, les arbres dépendent d’un mécanisme bien précis : une alternance entre des nuits froides, sous 0 °C, et des journées plus douces autour de 5 °C. Un cycle naturel de gel et de dégel qui, cette saison, fait défaut.
Conséquence : la production de sirop d’érable est en baisse à l’échelle du Québec, de 30 % à 50 % dans certaines érablières. Un rattrapage est encore possible, mais la fenêtre de production est très courte, seulement quelques semaines au printemps.
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Source:
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