Sophie Fady-Cayrel, directrice des affaires scolaires (Dasco) de la Ville de Paris, a annoncé, jeudi 9 avril, qu’elle quittait ses fonctions après plus de trois ans, alors que les mises en cause d’animateurs pour des suspicions de violences sexuelles se poursuivent dans le périscolaire de la capitale.
« Une nouvelle page professionnelle se tourne pour moi », a écrit Mme Fady-Cayrel dans un courriel envoyé jeudi aux agents de la Ville. La haute fonctionnaire diplômée de l’ENA y cite les réalisations de ses équipes : une « école plus inclusive », des « cours d’écoles et de collèges plus végétalisées » ainsi qu’une « plus grande sensibilisation aux enjeux environnementaux ».
Au sujet des 78 animateurs suspendus depuis le début de l’année dans des écoles parisiennes, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles, Mme Fady-Cayrel évoque « une difficile épreuve ».
« Les agissements inacceptables de certains ne doivent pas entacher le métier de près de 20 000 agents, ajoute-t-elle toutefois. Il est légitime que vos pratiques professionnelles soient questionnées et il faut que vous y voyiez le gage d’un service public irréprochable dans sa relation à l’enfance. »
« Poussée vers la sortie »
Au lendemain de son élection, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, avait déclaré qu’il y aurait « des décisions de changement managérial à tous les niveaux ». Il a par ailleurs annoncé un vaste plan d’action pour le périscolaire.
Interrogé par l’Agence France-Presse, Nicolas Léger, secrétaire général du syndicat Supap-FSU, estime que la patronne de la Dasco a été « poussée vers la sortie ». « Dans nos dernières rencontres avec elle, il n’a jamais été question d’un départ, même si le délai de trois ans peut laisser croire à une mobilité choisie », précise-t-il.
« La Dasco est une énorme direction et c’est un problème pour nous que d’avoir le mouvement des administrateurs qui mettent un an à comprendre où ils sont et passent le relais deux ans après », ajoute-t-il. Le Supap-FSU a lancé un appel à la grève et à rassemblement devant l’Hôtel de ville, mardi, jour de l’ouverture d’un Conseil de Paris extraordinaire, consacré notamment au périscolaire.
« Tout doit être fait pour prévenir les risques d’agression sexuelle et les sanctionner. Mais, sans concertation, Emmanuel Grégoire annonce un plan pour rassurer les familles (…) qui ne s’attaque pas aux problèmes structurels », dénonce le syndicat. Il évoque notamment des « sous-effectifs quotidiens, une sous-qualification, une précarité généralisée, un épuisement des équipes ainsi que de faibles rémunérations ».
Source:
www.lemonde.fr


