Donald Trump a-t-il porté un coup fatal à la crédibilité de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ? On peut poser la question autrement. La rhétorique du 47e président des Etats-Unis met-elle un terme au pacte de solidarité stratégique qui lie les Etats-Unis (et le Canada) à l’Europe ? Ou encore : assiste-t-on, jour après jour, à la défaisance de l’Alliance atlantique, cette union politico-militaire participant depuis près de quatre-vingts ans à la défense du Vieux Continent ?
Pas une semaine ne s’écoule sans que Trump affiche son mépris pour l’OTAN. « Poutine n’a pas peur de l’OTAN, il sait que c’est un tigre de papier », disait le président, lundi 6 avril à Washington, reprenant des propos tenus, en début de mois, au quotidien britannique The Daily Telegraph. Trump parle de l’OTAN comme s’il s’agissait d’une invention européenne à laquelle l’Amérique ne prendrait part que contre son gré, relève l’historienne et journaliste américano-polonaise Anne Applebaum. Il semble ignorer le rôle primordial joué par les Etats-Unis dans la mise en place de l’organisation au tout début de la guerre froide ; ou la fonction de bouclier qu’elle a eue face à l’expansionnisme soviétique ; ou encore le fait que ses bases en Europe constituent autant de points d’appui pour l’interventionnisme américain au Moyen-Orient.
Chez lui, la détestation du pacte atlantique est une vieille obsession. Elle est d’abord d’ordre comptable : il est convaincu, pas forcément à tort, que le pilier européen de l’organisation ne verse pas son dû comme il le devrait. Il y a aussi sa volonté constante de plaire à Vladimir Poutine, à tout le moins de ménager autant que possible le maître du Kremlin. A cet égard, Moscou n’a pas à se plaindre de Washington. Après l’avoir dit en 2017, Trump a achevé un premier mandat, en 2020, en déclarant de nouveau l’OTAN « obsolète » ; il entame le deuxième en menaçant de s’emparer par la force du Groenland, territoire placé sous la souveraineté du Danemark, membre de l’OTAN. Autant de mauvais coups à l’adresse de l’organisation.
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Source:
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