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A 79 ans, Donald Trump essuie des accusations régulières de déclin physique et cognitif. Et ces dernières n’ont jamais été aussi fortes que depuis quelques jours, en raison de publications chocs du Président américain sur son réseau Truth Social. Des démocrates mais aussi d’anciens alliés du camp MAGA évoquent l’activation du 25ème amendement de la Constitution pour déclarer le chef de l’Etat inapte à exercer ses fonctions. En réalité, cette procédure a très peu de chances d’aboutir.
Tout a commencé le dimanche 5 avril. Sur son réseau Truth Social, le président américain s’en est pris violemment aux dirigeants iraniens, les qualifiant de « crazy bastards » (bâtards fous). L’exigence est claire : l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial, sous peine de subir « l’enfer sur Terre ».
Le 7 avril, à seulement douze heures de la fin de son ultimatum, Donald Trump est monté d’un ton en postant: « une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître. »
Indignation transpartisane
L’indignation est venue des démocrates comme des soutiens habituels. Son ancienne alliée Marjorie Taylor Greene a qualifié ces propos de « diaboliques et fous ». La commentatrice proche du mouvement MAGA Candace Owens a évoqué un « fou génocidaire » demandant l’intervention de l’armée. Et Alex Jones, habitué des théories du complot, a lui-même crié au « crime de guerre », s’interrogeant sur la santé mentale du président.
Chez les démocrates, les figures du parti comme Ilhan Omar et Alexandria Ocasio-Cortez dénoncent elle-aussi un effondrement des facultés mentales du président et exigent une réaction immédiate du Congrès à travers une procédure de destitution ou le déclenchement du 25e amendement.
Ce texte, modifié après l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, prévoit un mécanisme de transfert de pouvoir si le président est jugé inapte. C’est une procédure interne, qui demanderait que le Vice-Président et une majorité du Cabinet envoient une déclaration d’inaptitude aux présidents de la Chambre et du Sénat. En cas de contestation de Donald Trump, le fin mot sera laissé au Congrès qui devra valider l’inaptitude à la majorité des deux tiers dans chaque chambre.
La procédure a-t-elle des chances d’aboutir ?
Techniquement, si la procédure aboutissait, l’actuel Vice-Président JD Vance deviendrait président par intérim. Cependant, la probabilité est extrêmement faible car le Cabinet est composé de fidèles de Trump, et le Congrès est actuellement acquis aux Républicains. Peu de chances par ailleurs que le Vice-Président mène la charge contre l’actuel occupant de la Maison Blanche: il a d’ores et déjà pris position en faveur de ce dernier après ses publications controversées.
Bien que le 25e amendement ait été invoqué par le passé (pour assurer un transfert de pouvoir momentané, par exemple lors d’opérations réalisées sous anesthésie), il n’a jamais servi à évincer un président contre sa volonté. Pour les démocrates, l’enjeu se déplace désormais vers les élections de novembre, avec l’espoir de reprendre la main pour lancer une nouvelle procédure d’impeachment.
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Source:
www.france24.com


