Près d’une station-service sur cinq connaît une rupture de stock d’un ou plusieurs carburants après le week-end prolongé de Pâques, a annoncé, mardi 7 avril, la ministre déléguée de l’énergie, Maud Bregeon. « Il y a environ 18 % des stations dans lesquelles il manque au moins un carburant », a déclaré sur RMC/BFM-TV la ministre déléguée, également porte-parole du gouvernement.
« Ces difficultés sont dues à des problématiques logistiques de transport », a-t-elle ajouté, notamment dans les stations du réseau TotalEnergies, qui a plafonné le prix des carburants, ce qui s’est traduit par une affluence accrue dans ses stations. « Quatre-vingt-trois pour cent des stations dans lesquelles il y a des difficultés sont des stations du réseau TotalEnergies », a poursuivi la ministre. Dans les autres stations, le taux de rupture d’au moins un carburant n’est que d’environ 4 %, a assuré Maud Bregeon.
Un peu plus tôt, Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) avait estimé, sur RTL, qu’une station-service sur quatre se trouvait en « rupture de stock » d’au moins un carburant, mardi matin, en raison de problème de livraison durant le week-end prolongé de Pâques. « La plupart des camions ne circulent pas ni les dimanches ni les jours fériés », a-t-il expliqué, assurant que « les stations seront pour la plupart réapprovisionnées dès aujourd’hui », évoquant « un problème purement logistique » et non de disponibilité de stocks.
A ce stade, le président de l’UFIP ne voit pas de pénurie se dessiner. « C’est une situation qu’on surveille de très près, et à l’heure qu’il est, pour le mois d’avril, par exemple, on arrive à approvisionner normalement nos clients. (…) On a quelques semaines de visibilité », a-t-il assuré.
Rencontre à Bercy
La hausse des prix des carburants en mars n’a, par ailleurs, pas fait diminuer la consommation des Français, a relevé M. Gantois. « En mars 2026, on a consommé 1 % de plus qu’en mars 2025. Donc la consommation, comme souvent d’ailleurs, est relativement constante », a-t-il conclu.
Une rencontre est prévue à 17 h 30 à Bercy entre les centrales syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) et les ministres de l’économie, du travail et de l’énergie. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a fait savoir qu’elle comptait demander la mise en place d’un « prix maximal à la pompe de 1,70 euro ».
Face à la contestation, la ministre déléguée de l’énergie a dit, mardi, prévoir un nouveau dispositif d’aides pour certaines des professions les plus touchées. Maud Bregeon a notamment mentionné les aides-soignantes, les aides à domicile et « certains agriculteurs qui font encore face à des difficultés particulières ». En revanche, la ministre a de nouveau repoussé toute « aide universelle, parce que nous ne pouvons pas nous le permettre ». Elle a également rejeté un blocage des prix.
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait promis, la semaine dernière, que de nouvelles aides « ciblées » seraient annoncées en début de semaine. Vendredi soir, le ministère de l’économie a promis le lancement prochain d’un « prêt flash carburant » avec Bpifrance, destiné à soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la forte augmentation des prix des carburants.
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En France, le gazole et l’essence SP95-E10 se vendaient lundi respectivement à 2,315 euros et 2,015 euros le litre en moyenne, selon un calcul de l’Agence France-Presse (AFP) sur les prix remontés par les stations-service à un site gouvernemental.
Par ailleurs, les six principaux ports corses – Ajaccio, Bastia, Propriano, l’Ile-Rousse, Bonifacio et Porto-Vecchio – sont bloqués, mardi matin, par des pêcheurs qui souhaitent mettre fin à la « spirale mortifère » de l’augmentation du prix des carburants, déjà plus chers sur l’île que sur le continent.
Source:
www.lemonde.fr


