Le texte de la députée macroniste Caroline Yadan vise à élargir le délit d’apologie du terrorisme et créer un délit d’appel à la destruction d’un Etat. Selon ses détracteurs, il constitue un danger pour la liberté d’expression car il ferait l’amalgame entre l’antisémitisme et la critique de l’Etat d’Israël.
Publié le 07/04/2026 15:06
Mis à jour le 07/04/2026 15:19
Temps de lecture : 2min
Les socialistes voteront contre la proposition de loi de la députée EPR Caroline Yadan visant à lutter contre les « formes renouvelées » d’antisémitisme, a annoncé, mardi 7 avril, Olivier Faure, alors qu’une pétition appelant l’Assemblée à s’y opposer approche mardi le seuil de 500 000 signatures. « Le groupe socialiste votera contre la PPL [proposition de loi] Yadan. Décision prise ce [mardi] matin à la quasi-unanimité », a écrit sur X le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Porté par la députée Renaissance des Français de l’étranger basés notamment en Israël, il entend répondre à « l’explosion des actes antisémites » et ses « formes renouvelées » depuis les attentats du 7 octobre 2023 sur le sol israélien.
Les socialistes s’inquiètent du « flou juridique » autour du texte, qui « loupe sa cible » et instaure une « essentialisation entre les juifs de France et l’Etat d’Israël », a détaillé à l’AFP l’un des porte-parole du groupe, Romain Eskenazi. Le texte élargit le délit d’apologie du terrorisme et crée un délit d’appel à la destruction d’un Etat. Selon ses détracteurs, il constitue ainsi un danger pour la liberté d’expression car il rendrait plus difficile la critique de la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
Le groupe La France insoumise (LFI) a demandé mardi le retrait du texte de l’agenda ou à défaut que la pétition soit débattue avant l’examen de la PPL, prévu les 16 et 17 avril. « Nous demandons – ce serait le minimum du respect – que cette pétition soit examinée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale avant l’examen du texte », a déclaré la députée LFI Gabrielle Cathala en conférence de presse.
De son côté, le groupe MoDem, soutien du gouvernement, a suggéré de retirer temporairement le texte de l’ordre du jour. « La situation géopolitique n’est pas apaisée. Or, sur ce type de texte, on a besoin d’apaisement et (…) de pouvoir prendre un petit peu de recul, donc nous sommes très réservés », a déclaré en conférence de presse la porte-parole du groupe, Perrine Goulet, proposant un « retrait temporaire ».
Source:
www.franceinfo.fr


