Un pétrolier turc a succédé à un bâtiment japonais pour traverser le détroit d’Ormuz. L’Iran, en position de force dans la zone, semble structurer une diplomatie et des accords avec d’autres nations pour reprendre une partie du trafic.
En une matinée, deux pétroliers ont pu reprendre leur route et enfin traverser le détroit d’Ormuz. Le premier, un Japonais battant pavillon indien, a pu acheminer sa cargaison jusqu’en Inde aux alentours de 10 heures du matin.
Pour cela, il a dû suivre un itinéraire précis, approuvé par l’Iran, qui longe les eaux proches de l’île de Larak, surnommée « le péage de Téhéran ». Une porte-parole de l’armateur nippon a déjà indiqué que « le personnel à bord comme la cargaison sont en sécurité ».
Il s’agissait là du quatrième engin à avoir traversé le détroit en moins de 24 heures, après trois premiers ce dimanche. L’un d’entre eux, co-détenu par une société nippone, était alors devenu le premier méthanier de gaz naturel liquéfié à franchir le détroit depuis le 1er mars.
Une diplomatie s’installe pour ces bateaux
Dans la foulée, le ministre des Transports turc a annoncé qu’un pétrolier avait pu rallier la Malaisie par ces eaux toujours bloquées.
« Grâce à nos efforts conjoints avec le ministère des Affaires étrangères, le navire turc Ocean Thunder, qui faisait route vers la Malaisie avec du pétrole brut chargé en Irak, a franchi sans encombre le détroit d’Ormuz hier soir, a précisé le ministre sur X. Nous poursuivons sans relâche nos efforts pour assurer le passage en toute sécurité de nos huit navires et de leurs 156 membres d’équipage qui souhaitent actuellement quitter la zone. »
Téhéran semble donc relâcher – légèrement – la pression sur cette zone ultra-sensible, presque fermée depuis les premières frappes américaines le 28 avril et par où transitent 20% du gaz et du pétrole mondial. Le régime iranien a notamment entamé des négociations avec les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam, dépendants du carburant oriental et en souffrance avec l’inflation observée depuis le début du conflit.
« Le détroit n’est pas fermé pour tout le monde, une diplomatie se met en place autour de l’Iran, constatait ce lundi sur BFMTV Thierry Breton, ancien commissaire européen. Ceux qui ont les clés, ce sont les Iraniens, qu’on le veuille ou non ».
Une affirmation avec laquelle Donald Trump n’est sans doute pas d’accord, lui qui a promis de réouvrir le détroit d’ici mardi soir. Le président américain a d’ailleurs garanti qu’il était prêt à « déchaîner les enfers » sur l’Iran si la situation n’évoluait pas. Aux États-Unis plus qu’ailleurs, les prix à la pompe se sont envolés pour les consommateurs, qui paient désormais leurs gallons d’essence 40% plus chers qu’en début d’année.
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