Avec Les Rêves d’Ily, Cyril Anger entend installer dans le paysage jeunesse une maison indépendante qui ne choisit pas entre le plaisir de lecture et l’attention au monde. Basée à Paris, la structure avance avec une ligne nette : des albums nourris d’humour, d’imaginaire et de questions contemporaines, servis par une exigence graphique et une fabrication cohérente avec les valeurs défendues. Le projet, encore jeune, affiche déjà une identité franche, à la fois éditoriale et matérielle.
Le fondateur la résume en peu de mots : « Un livre jeunesse doit divertir, mais aussi éveiller la réflexion. » Dans cette perspective, le catalogue privilégie des histoires « originales, engagées ou décalées », sans renoncer à la légèreté, ni au plaisir de lecture. L’ambition ne relève donc pas d’un positionnement abstrait : elle traverse aussi bien le choix des textes que celui des images, du ton, du format et de l’objet-livre lui-même.
Des albums qui ont plus d’un tour dans la page
Cyril Anger insiste d’ailleurs sur cette cohérence d’ensemble. « Nous voulons proposer des livres qui parlent aux enfants tout en offrant aux parents un univers éditorial identifiable, créatif et porteur de sens. » Le souci de fabrication participe pleinement de cette promesse. Les ouvrages sont imprimés en Europe, sur papier éco-labellisé, et maintenus à des prix accessibles. Derrière cette attention, il y a moins un argument marketing qu’une manière d’aligner le discours éditorial et les conditions concrètes de production.
Cette ligne se lit déjà dans les titres appelés à incarner la maison. Le premier, Planète B, signé Olivier Dupin et illustré par Johanna Crainmark, paraîtra en avril 2026. L’album met en scène le président Tumper, persuadé d’être l’homme le plus intelligent du monde, qui croit découvrir l’existence d’une « planète B » lors d’une conférence sur le climat et décide d’y envoyer l’humanité. Chez Les Rêves d’Ily, cette fable satirique résume une méthode : traiter un sujet majeur sans didactisme pesant, en passant par l’humour et la puissance visuelle.
Cyril Anger y voit un condensé de sa démarche : « Ce titre incarne parfaitement notre volonté de traiter des sujets de société majeurs sans lourdeur, par l’humour et le plaisir de la lecture. » Dans ce catalogue en construction, l’écologie n’apparaît donc pas comme un thème plaqué, mais comme une matière narrative à transformer en fiction vive, lisible, immédiatement partageable.
Quand l’imagination prend le pouvoir
Le deuxième projet mis en avant, Je pense que c’était une mauvaise idée, du même duo Olivier Dupin-Johanna Crainmark, attendu en octobre 2026, pousse plus loin encore le goût de la maison pour les dispositifs narratifs malicieux. On y suit un écrivain débordé par les personnages et les périls de son propre récit, à mesure qu’il les invente. Le livre réfléchit ainsi sur l’imagination en acte, sur ses emballements, sur la perte de contrôle créatrice qui finit par gouverner l’histoire elle-même.
Le fondateur revendique ici un ADN très précis : « Une narration inventive, un vrai sens du rythme, de l’humour et une proposition éditoriale qui surprend autant par sa construction que par son ton. » Cette phrase éclaire la stratégie de la maison : ne pas seulement publier des sujets, mais défendre des formes, des mécaniques de récit, une manière de faire naître l’étonnement.
Un troisième titre, Léo (et les bas), signé Leolitch et annoncé pour novembre 2026, marque une autre inflexion. Cette fois, la maison s’ouvre à une BD en strips courts, centrée sur les maladresses, les emballements mentaux et les absurdités du quotidien. Le projet conserve le goût du décalage, mais explore un format plus sériel, plus immédiat, plus facilement appropriable par différents lectorats. Les Rêves d’Ily ne se contentent donc pas d’élargir leur catalogue : elles testent aussi des formes de circulation nouvelles.
Grandir sans perdre le fil
Cyril Anger l’assume sans détour : « Ce projet reflète l’ouverture de notre catalogue à des formes plus sérielles et plus directes, capables de toucher aussi bien les jeunes lecteurs que les adultes. » L’éditeur entend ainsi faire grandir sa maison sans dissoudre son identité. Au contraire, l’enjeu consiste à élargir le lectorat en restant fidèle à ce qui fait la singularité du projet : humour, personnalité visuelle, exigence de ton et engagement éthique.
Sur le terrain du développement, la feuille de route se veut nette. Il s’agit d’abord de gagner en visibilité à l’échelle nationale, en librairie, mais aussi auprès des bibliothécaires, des enseignants et de l’ensemble des prescripteurs du livre jeunesse. « Nous voulons accompagner la montée en puissance du catalogue autour de titres forts, immédiatement identifiables, capables de s’installer durablement. » Dans un marché dense, la jeune maison mise moins sur la dispersion que sur l’affirmation progressive de repères éditoriaux solides.

Le choix de DG Diffusion s’inscrit dans cette logique de structuration. Cyril Anger explique ne pas avoir cherché un simple prestataire, mais « un partenaire capable de comprendre notre ligne éditoriale, d’accompagner une maison indépendante dans sa structuration et de défendre nos titres avec conviction auprès du réseau des libraires. »
En d’autres termes, la diffusion et la distribution ne relèvent pas ici d’une étape technique secondaire : elles prolongent le projet éditorial.
Diffuser, oui — mais avec conviction
La décision marque une étape stratégique pour Les Rêves d’Ily. « Ce partenariat doit renforcer la présence de nos ouvrages partout en France et donner à notre catalogue la visibilité qu’il mérite. » À travers cette alliance, la maison affirme un cap : installer durablement une voix indépendante dans la jeunesse, attentive à la fois aux récits, aux images, aux conditions de fabrication et aux circuits de circulation. Une ambition encore en phase de déploiement, mais déjà formulée avec assez de clarté pour dessiner une promesse crédible.
Avec l’arrivée des Rêves d’Ily au sein de son catalogue, DG Diffusion confirme sa volonté d’accompagner des éditeurs indépendants porteurs de projets éditoriaux singuliers et exigeants. Ce partenariat marque une nouvelle étape dans le développement de la maison et vise à renforcer la présence de ses ouvrages auprès des libraires et des lecteurs sur l’ensemble du territoire.
« Chez DG Diffusion, nous sommes convaincus que la vitalité du marché du livre repose sur la diversité des voix éditoriales. Soutenir et faire rayonner ces projets constitue l’un des fondements de notre engagement auprès des professionnels du livre » souligne Amélie Maillot, PDG du groupe.
Un extrait de Planète B ouvrages est proposé en fin d’article.
Crédits photo : Les Rêves d’Illy
Par Cécile MazinContact : cm@actualitte.com
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