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Proche du pouvoir, cette entreprise hongroise à la croissance fulgurante a vu son action chuter de 50% en 5 mois (le signe que Viktor Orban va perdre les élections, selon les investisseurs)

Selon Bloomberg, le titre de 4iG a perdu 50% depuis son pic de 2025. Les investisseurs estiment que l’entreprise pourrait perdre ses relations privilégiées avec l’État hongrois en cas de défaite de Viktor Orban le 12 avril prochain.

Viktor Orban vers la sortie? À dix jours des élections législatives en Hongrie, c’est l’opposant à l’actuel Premier ministre, Peter Magyar, qui fait la course en tête dans les sondages.

Si les jeux ne sont pas encore faits, la perspective d’une défaite du dirigeant national-conservateur au pouvoir depuis 16 ans n’a jamais semblé aussi crédible. Y compris aux yeux des investisseurs si l’on se fie à l’évolution de l’action de l’entreprise 4iG, rapporte Bloomberg.

Le titre de ce fleuron hongrois des télécommunications a chuté de 50% depuis son pic atteint en novembre 2025. Et la dégringolade n’a fait que s’accélérer à mesure que se sont multipliés les sondages prédisant une défaite de Viktor Orban. Et pour cause, 4iG est connue pour ses liens avec le pouvoir: c’est principalement grâce aux marchés publics, aux accords passés avec le gouvernement et à la bienveillance de l’État en matière de réglementaire que l’entreprise a vu sa valorisation bondir de 20 millions à 2,3 milliards de dollars en huit ans.

« 4iG est un exemple typique du modèle économique hongrois, fortement lié à l’État », a expliqué auprès de Bloomberg Jozsef Peter Martin, directeur de Transparency International en Hongrie. « Les entreprises y prospèrent non pas principalement grâce à la concurrence, mais grâce à l’accès aux financements, aux contrats et au soutien réglementaire de l’État », a-t-il ajouté. Un avantage ô combien précieux qui pourrait être menacé en cas de défaite de Viktor Orban.

Acquisitions multiples

Si 4iG connait une croissance fulgurante depuis huit ans, c’est précisément parce que cela fait il y a huit ans que Gellert Jaszai, proche de Viktor Orban, est arrivé à la tête de 4iG. Cet homme d’affaires est aussi l’envoyé spécial du gouvernement hongrois sur les questions liées aux relations commerciales internationales. C’est aussi lui qui a accompagné le Premier ministre à Mar-a-Lago en 2024 pour négocier des accords avec Donald Trump et Elon Musk. À l’époque, la publication d’une photo sur laquelle apparaissait le milliardaire américain, Viktor Orban et Gellert Jaszai avait fait bondir l’action de 4iG.

Ces dernières années, l’entreprise s’est illustrée par sa frénésie de rachats, comme le rappelait Courrier International. En 2021, elle mettait la main sur Invitech, « l’un des leaders hongrois en matière d’infrastructures et de fourniture de services informatiques ». Elle rachetait trois mois plus tard l’opérateur mobile One au Monténégro et prenait au même moment des parts dans d’autres sociétés de télécoms.

Mais l’une de ses plus grosses opérations fut sans doute l’acquisition avec l’État de la filiale magyare de Vodafone en 2022. De quoi permettre à 4iG de devenir le deuxième opérateur mobile et fixe du pays, comme le rappelait la Direction générale du Trésor, tout en précisant que « 4iG, dont le PDG (également actionnaire majoritaire), Jászai Gellért a des liens étroits avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, a entamé une croissance rapide sur le marché des télécommunications, non seulement en Hongrie mais aussi dans les pays voisins ».

Annalisa Cappellini : Hongrie, Rubio mis au défi de sauver Orbán – 17/02

Depuis, l’entreprise a diversifié ses activités, notamment dans la défense et l’industrie spatiale. Elle a ainsi conclu des accords avec Lockheed Martin, Axiom Space ou encore Rheinmetall.

Mais à dix jours des élections législatives, les investisseurs estiment que 4iG pourrait ne pas bénéficier de la même mansuétude et du même soutien de l’État en cas de victoire de Peter Magyar.

« Certains analystes s’attendent à ce qu’un futur gouvernement dirigé par Tisza (le parti de Peter Magyar) privilégie les mesures visant à accroître la concurrence », a déclaré Orsolya Raczova, analyste chez Eurasia Group, auprès de Bloomberg. L’agence américaine rappelle d’ailleurs que Peter Magyar a annoncé en juin dernier sa volonté de vendre ses actions 4iG pour dénoncer le projet d’Orban de faire de l’entreprise « le centre névralgique de l’industrie de défense hongroise ». « La sécurité de la patrie ne saurait être l’affaire d’oligarques douteux », avait-il dit.


Source:

www.bfmtv.com

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